Musique

La playlist imparable

La playlist imparable

15 avril 2019 | PAR Antoine Couder

Cette semaine Death and Vanilla, Fontaines DC, Kaytranada &Van Jess, Dani Terreur et Jackie Mendoza.

A flaw in a iris — Death and Vanilla

Cette petite ouverture à l’intérieur de l’iris, cette faille dans laquelle on glisse et puis on chute, ce face à face avec le vertige, c’est peut-être ce qui reste de Broadcast après sa transformation finale entre vanille et morbidité. Atmosphère insaisissable d’un krautrock mou et enchâssé dans ce qui pourrait être une presque musique ambiant qui surplomberait le pur gothic.

Mucha Mas — Jackie Mendoza

Pas précisément le même style mais la même équation, aux lisières des genres, mexicain-américaine imbibée d’electro et -dit-elle- des mélodies de Disney, il en faudra « beaucoup plus » pour arrêter ce qui semble rester une recherche, une ambiance qui se transforme en chemin à la façon d’un Caravage qui voudrait atteindre la lumière en « tranchant dans les ténèbres ». Ouverture au pinceau, à vrai dire au couteau ; à suivre à la trace.

Dysfunctionnel — Kaytranada & Van Jess

Remise à zéro du compteur de la prod. Avec les sœurs Nwokike de Van Jess qui profitent ou font profiter- on ne sait- le Kaytranada de service. Amusant à quel point ce dysfunctionnel respire ouvertement le Michael Jackson période dorée, « Off the Wall », l’amour dysfonctionnel on avait bien saisi, enfin presque. Pourquoi voulez-vous tant changer de visage lui demandait un jour un journaliste ? Simplement pour ne plus voir la tête de mon père aurait répondu l’artiste.

Bébé c’est l’enfer — Dani terreur

Le gag de la semaine, recoin foireux de la french pop encore et encore comme dirait Cabrel avec, cette fois, la nouvelle égérie « Alice et moi » et quelques volutes de guitare qui finissent par rendre tout ça assez rigolo. Louis Chedid de l’impossible, la terreur dutronne aimablement en enfer, sulfatant au passage les petits poussins hip-hop foudroyés en direct sur leur téléphone portable.

Big — Fontaines D.C

On les aurait croisés dans le centre de Dublin, on aurait compris tout de suite parce que tout y est, « from home », petite condition des oubliés du post-punk ici relevé d’un peu de littérature et de sentiments folk, c’est magnifique et pour autant ça n’invente rien… mais n’est-ce pas là justement où se niche la pointe de génie ? Dans la promesse exaucée d’une « révélation » comme l’on dit en terre chrétienne. Si tu n’étais pas grand-chose jusque là, tu peux garder confiance. Parce que c’est clair, tu vas devenir quelqu’un.

« Des paniers pour les sourds », à corps perdu dans la poésie
Hard To Be Soft, A Belfast Prayer
Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », une autofiction portée par l’histoire de la musique enregistrée qui a été sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il écrit actuellement une fiction anthropologique se déroulant entre l’Allemagne, la Suisse et la France.

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