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Kabbalah : Boxes, Bagels & Elephants ou le joyeux mélange des genres…

Kabbalah : Boxes, Bagels & Elephants ou le joyeux mélange des genres…

28 mars 2011 | PAR Vincent Brunelin

Kabbalah, c’est le croisement des influences, le carrefour des origines, le mariage des sons et des langues. Basé à Marseille, le groupe met à l’honneur la musique klezmer et signe avec Boxes, Bagels & Elephants (en écoute sur Deezer) un deuxième album réjouissant, énergique et chaleureux. Quand les chansons yiddish côtoient le groove des rythmiques afro-américaines et les sonorités slaves ou orientales se mêlent au hip-hop…

Après Shlomo, un premier opus paru en 2008 et près de 300 concerts en France et à l’étranger, Kabbalah revient sur le devant de la scène avec un nouvel effort qui a gagné en cohésion sans pour autant abandonner son foisonnement musical. Entre-temps, le groupe marseillais a aussi été sacré découverte du Printemps de Bourges en 2009. S’ils se défendent de surfer sur la vague du renouveau klezmer (Socalled et David Krakauer entre autres), ils malaxent librement tradition yiddish et musiques actuelles pour en faire naître un style revigorant, à mille lieues d’une pâle retranscription de cet héritage culturel.

Avec Boxes, Bagels & Elephants, ce quintet métissé et multi-instrumentiste (une russe, un allemand et trois français pour pas moins de quinze instruments) pousse plus loin le melting-pot sonore sans s’éparpiller et livre un album dense et homogène à la fois. Sans doute parce qu’il a su mettre sa virtuosité au service de l’efficacité des chansons, soutenu en cela par le concours de nombreux musiciens du cru, de l’Ensemble Orchestral Contemporain de Lyon et d’une détonante section de cuivres.

Le titre « Devil » ouvre brillamment le bal et résume bien l’essence du disque dans un condensé percutant de 4 minutes qui mêle l’énergie rock aux sonorités tziganes, le texte scandé à la mélancolie du chant yiddish. Suivent « Love Shnorer » et « Mayn Ketsele – Sugar Pie », résolument hip-hop sur fond de clarinette envoûtante et de violon langoureux. Quand le groupe calme le jeu sur « Papir Iz Dokh Vays », une balade traditionnelle aux allures de berceuse classique, c’est pour mieux reprendre sa marche en avant sur le titre bigarré « Elephant Mentsh ». « Water » oscille sur un air jazzy des Balkans, pendant que « No I.D » tend une passerelle entre le terroir d’Europe centrale et les rives orientales de la Méditerranée, poussé par le chant berbère d’Hassan Boukerrou. Kabbalah s’essaie même à un reggae aux accents slaves sur « 7 Worlds » et entreprend une bossanova (pas si lointaine de la saudade du fado) avec « The Circle ». Le groupe accouche d’un hymne virevoltant sur « Der Bosfor » avant de conclure par l’électrisant « Good Night & Good Luck » qui délivre au passage sa part d’ombre.

Qu’ils soient chantés, scandés, ou rappés, en anglais, yiddish et même en russe, les textes regorgent d’histoires et de voyages à travers le monde et s’attachent à décrire la complexité et les antagonismes du présent (la différence, l’identité…). Kabbalah fait fi des frontières pour servir une musique d’une incroyable richesse, et prouve que d’une tradition en apparence figée, il peut composer une œuvre résolument moderne.
La virtuosité et l’énergie débordante du groupe prenant tout son sens en live, rendez-vous le 14 avril prochain pour une date exceptionnelle au Zèbre de Belleville.

Kabbalah, Boxes Bagels & Elephants (La MesonL’Autre DistributionAbsilone), sortie le 28/03/2011

MySpace du groupe

Site officiel du groupe

 

Infos pratiques

Latifa Laabissi, Loredreamsong, Centre Pompidou
Live report : Mademoiselle K et HushPuppies à la Défense (25/03/11)
Vincent Brunelin

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