Musique

Johnny Winter, l’ascension dans une Amérique cruelle

Johnny Winter, l’ascension dans une Amérique cruelle

21 juillet 2014 | PAR Alexander Mora-Mir

Une des dernières légendes du blues est décédée en tournée à 70 ans, ce 17 juillet à Zürich. John Dawson Winter III dit Johnny Winter a sorti son premier album lorsqu’il avait 15 ans, une activité musicale de plus de 55 ans !

Ce guitariste hors-pair, mondialement connu pour ses solos de guitares, a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel de Zurich dans la nuit de mercredi à jeudi. Une autopsie a été ordonnée par le parquet afin de déterminer la cause du décès.

Ce frêle albinos, couvert de tatouages, abrité d’un chapeau texan recouvrant une longue chevelure d’or blanc, se produisait depuis quelques années assis sur une modeste chaise en bois. Immobile tout le long, ses doigts ont tout sauf perdu de sa dextérité. Sa voix rugueuse mais souriante, son physique peu engageant, négligé, mais lumineux fait mine de l’image du rockeur par excellence. Cet artiste natif de Beaumont au Texas, moqué dès son plus jeune âge dû à la pâleur de son teint, qui contribuera sans doute à une humilité évidente, s’était réfugié dans le Blues, un style adopté des afro-américains.

Fusionnant les influences du Nord électrique et du Sud delta acoustique dès le début des années 70, il a été acclamé par les Noirs américains tout comme les Blancs. Le blues étant indissociable de l’épuisant labeur des champs sous un soleil brûlant, tout simplement tiré de l’esclavage des Etats-Unis. Le blues, natif du vieux sud agraire a su migrer vers le nord urbain et industriel, notamment grâce à des artistes comme Winter. Sa musique était son remède, et celui de ses fans.

D’après Libération, Norbert Krief, guitariste et cofondateur de Trust, résume « son » Winter : « C’est une voix, chaleureuse, rauque et puissante. Et puis, évidemment, un grand guitariste. Avec un style unique : personne ne sonne comme lui, aussi bien au niveau du chant que du jeu de guitare ». Son physique, marqué et fatigué démontre une vie bien pleine. Entre 1968 et 1973, il aura tout connu, meilleur comme pire. Du petit club de New York à 20 spectateurs, à son adoubement par un autre prodige de la guitare blues Mike Bloomfield en novembre 1968 (« ce gars est le meilleur des putains de meilleurs joueurs » selon Libération »), le lendemain, un mythique jam avec Hendrix, puis une scène à Woodstock et des stades pleins à craquer. Accro à l’héroïne et à l’alcool, il aura été absent trois ans, dont neuf mois en désintoxication à La Nouvelle-Orléans, pour revenir avec Alive and Well (« vivant et en bonne santé »).

Un documentaire Johnny Winter : Down & Dirty, réalisé par Greg Olliver devrait être visible prochainement, sans toutefois pas de date de sortie officielle. L’histoire de la vie d’un musicien hors pair, qui débuta en marge de la société, pointé du doigt pour sa couleur de peau, aura su forgé sa propre chance. Classé 74ème sur les 100 meilleurs guitaristes de tous les temps par le magazine Rolling Stone, on devrait retrouver sa musique dans un nouvel album, « Step Back » qui sortira le 2 septembre prochain.

© visuel : Creative Comments Wikipedia

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