Musique

Joe Driscoll et Sékou Kouyaté, frères de son

Joe Driscoll et Sékou Kouyaté, frères de son

13 mars 2013 | PAR Idir Benard

C’est le festival “Nuits Métis” de Marseille qui a vu la rencontre improbable mais au combien féconde entre le rappeur éclectique new-yorkais Joe Driscoll et le virtuose guinéen de la kora Sékou Kouyate. Les vibes transatlantiques qu’ils nous livrent dans Faya, puissant concentré de musique, dépassent les tentatives de catégorisations traditionnelles. Numéro de haute voltige impressionnant qui repousse les limites de la fusion des genres, à découvrir  le 25 mars en CD et en concert au Divan du Monde le 4 avril.

Joe Driscoll était déjà attiré par les world vibes dans sa musique et la rencontre entre folk, soul et reagge marquait ses compositions. Ce n’est donc pas un hasard si le courant a pris entre les 2 artistes qui ont improvisé lors de boeufs la rencontre de leurs styles. Joe ne parle pas français, Sékou parle peu anglais et cependant une alchimie afro-rock-hip hop a été créée pour transcender les barrières linguistiques. Mais le raffinement va au-delà : essayer d’énumérer tous les sytles invoqués est peine perdue à tel point que chaque style, en fusionnant avec les autres, semble créer autant de variations stylistiques propres : l’album s’approprie la diversité des genres avec une simplicité et une aisance déconcertantes.

Le morceau introductif est caractéristique de l’innovation qui habite l’album à tous les points de vue. Expérimentations et mélanges, on ne sait si c’est du folk, de l’afrobeat ou du funk. La surprise est prenante. Même des notes flamenco semblent se dégager de ce melting pot savoureux et trop le décrire reviendrait à en annihiler la magie. Le reste de l’album n’en est pas moins étonnant. Le flow millimétré à la seconde de Joe épouse la kora inspirée de Sekou, qui rappele la harpe. La prestation ne dément pas les surnoms qu’on leur a donné : “Jimmy Hendrix de la kora” et “Rapper with iron lungs”. Le rythme effréné de la kora versant sur le psychédélique contraste avec la ligne de basse reggae et les mélodies de guitare temporisent avant que Joe ne lâche ses punch lines affutées délivrant un message profond. Les thèmes classiques de la world music tels le voyage, les injustices ou les frontières sont bien sûr évoqués, mais revêtent de nouveaux habits flambants neufs et prennent une nouvelle dimension.

La musique est un langage universel et Faya en est une excellente illustration. Avec le rythme pour syntaxe, de multiples univers en apparence incompatibles se marient merveilleusement bien et décrivent de nouveaux horizons, quel que soit le style de musique que l’on affectionne. Seul bémol, l’album arrive à sa fin avant même d’avoir commencé : press replay.

Visuels : (c) pochette de l’allbum et site joeandsekou.com

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Idir Benard
Passionné par les nouvelles technologies, la cyberculture et les visionnaires de tout poil, il écrit un mémoire à l'EHESS sur le transhumanisme et la science fiction. Interrogateur du genre humain, en chemin hors de la caverne de Platon. Bon vivant, ne se prive pas de couvrir des évènements sympas en tout genre, qu'il y ait du vin, du dupstep ou de l'art. Fan des dessins animés des années 90 (Tintin, Dragon Ball Z) et des jeux old school (mégadrive en particulier)

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