Musique

Jeff Mills ouvre le cycle Eisenstein à la Cinémathèque

Jeff Mills ouvre le cycle Eisenstein à la Cinémathèque

19 octobre 2011 | PAR Clement Fraioli

Pour l’ouverture de la rétrospective consacrée au réalisateur russe Sergueï Einsenstein, du 15 au 30 décembre, la Cinémathèque Française propose une performance du DJ Jeff Mills autour du film Octobre (1927). Le DJ originaire de Détroit a ainsi composé, spécialement pour le film, une quarantaine de morceaux permettant de (re)découvrir autrement cette œuvre majeure du cinéma.

A première vue, on a du mal à voir comment Jeff Mills et Sergueï Eisenstein se sont retrouvés au sein d’un projet commun. En effet, entre le DJ/producteur américain dont les innovations, musicales et techniques, en on fait une référence dans le monde de la techno, et le réalisateur du Cuirassé Potemkine, qui, en 1927, livre le film Octobre censé célébrer le 10e anniversaire de la révolution russe, on peine à faire le lien. Et pourtant, Jeff Mills est loin d’être étranger au monde du cinéma, puisqu’il a déjà présenté, en 2000, une nouvelle bande-son au chef-d’œuvre de Fritz Lang, Metropolis, pour ensuite s’approprier d’autres classiques du cinéma muet comme Les Trois Ages de Buster Keaton, et The Cheat de Cecil B. DeMille.

Cette fois-ci, le DJ s’attaque à un autre genre d’exercice, le film de propagande. Ainsi, Octobre, commandé par le régime stalinien, délivre bien évidemment un message précis, ce que Jeff Mills a pris en compte dans son approche de l’œuvre; « j’ai étudié quelques uns des premiers accompagnements musicaux du film, dont certains exprimaient beaucoup de sympathie pour les idéaux du régime socialiste d’alors. Je suis un capitaliste, qui croit fermement à la liberté d’expression. J’ai voulu adopter une position objective, neutre, comme si j’étais un passant, un simple témoin des évènements », déclarait l’artiste.

Avec cette performance, la Cinémathèque propose donc une expérience totale, où deux artistes se rencontrent à travers le temps et l’Histoire, afin de se compléter et s’enrichir mutuellement. Enfin, d’autres films d’Eisenstein seront projetés durant cette rétrospective, des plus connus (Le Cuirassé Potemkine, Ivan Le Terrible, Alexandre Nevski) aux plus confidentiels (Viva Mexico!, La Ligne Générale), ainsi que des documentaires qui lui sont consacrés.

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Clement Fraioli

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