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Jef Barbara, du son 80 made in Quebec [Interview]

Jef Barbara, du son 80 made in Quebec [Interview]

22 mars 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

A l’occasion de la sortie de son nouvel album Contamination, nous avons eu la chance de rencontrer le personnage tendance androgyne Jef Barbara dans les locaux de sa maison de disque, Tricatel, fondée par Bertrand Burgalat

Quelle est votre relation aux années 80 ? Pourquoi ce culte voué à ce son là ?
Je suis né en 1980 pile ! Je suis un vrai enfant des années 80, je les ai vécues. De 4 à 10 ans, j’ai des souvenirs précis qui me restent. Et puis, je me défini comme un chanteur glam, et cela se colle bien avec cette période, pour moi c’était naturel. Mais j’évoque aussi les années 70 par moments.

Vous avez grandi au Québec, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de références à des chanteurs français. Notamment Mylène Farmer. Quels sont vos influences ?
C’est extrêmement varié. Ma première idole a été Boy Georges. J’ai toujours aimé les artistes pop. Étant un enfant très efféminé, j’ai adoré Maria Carey, Paula Abdul. Je suivais les tubes du Top 40. Après j’ai écouté du rap, de la musique alternative. Je pense que l’on retrouve cette diversité dans mon album. Vous parliez de musique française, j’ai été influencé par mes parents qui écoutaient de la musique assez prude, du genre Nana Mouskouri. De Mylène Farmer, j’ai adoré l’esthétique de ses vidéos, son univers. Cela, je l’ai cherché par moi même, comme tout ce qui alimente stylistiquement l’album. La question que vous avez posé est juste car je ne chante pas avec mon accent naturel en français, je deviens plus maniéré, un peu comme si j’étais Étienne Daho, cela sonne mieux musicalement que l’accent québécois.

Vous avez une chanson qui s’appelle Les homosexuelles, une autre qui s’intitule Wild Boy, un  nom de scène androgyne. Considérez-vous  cet album comme un manifeste gay ?
Non, je ne suis pas un porte drapeau, cela est naturel. Tant mieux si un jeune peut écouter la musique et se sentir bien avec ce qu’il veut de façon désinvolte.

J’ai particulièrement aimé la musique de l’album, pouvez -vous me raconter comment vous avez composé ?
Je me considère plus comme un auteur-interprète, je ne suis pas musicien. L’orchestration ne m’intéresse pas. Je ne suis pas geek non plus. Mais je suis impliqué dans plusieurs communautés musicales à Montréal. Je me suis entouré. 17 musiciens, dont beaucoup sont des amis. Dans la démarche, j’écris les textes, la mélodie, quelques accords. J’ai quand même une formation classique. Mais c’est plus intéressant de travailler avec les autres, je crois à l’effort collectif. J’étais dans une recherche d’esthétique variée et cela vient plus facilement du groupe.

Comment se passe les séances de travail ? Tu indiques un chemin ?
Oui, j’indique la route, c’est mon univers, nous faisons des sessions de brainstorming avec les arrangeurs. Mais je suis seulement un élément du puzzle, c’est vraiment un travail collectif.
Tu fais référence à ta culture pop, tu dis avoir adoré le Top 40 pour toi, le Top 50 pour nous, et pourtant, tu livres des morceaux hors normes, Wild Boys dépasse les 9 minutes et c’est un tube.
Oui, c’est un morceau que j’aime toujours écouter. Le morceau me plait. J’ai du mal à réécouter le reste de l’album. C’est le morceau avec Larmes de crocodiles que Tricatel a voulu pousser. La composition de Wild Boys s’est faite de façon naturelle et cela a duré prés de 10 minutes. On a résolu le problème en sortant un « édit » de 4 minutes.

Toute la culture est un magazine parisien essentiellement, nous y parlons aussi de fêtes, où aimez-vous-vous amuser ?
J’aime faire la fête dans des squats où des amis Dj vont passer la musique que j’aime, ou que je vais découvrir. C’est tout ce que j’aime faire.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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