Musique

Jean-Louis Murat : Quelque chose de Tennessee

21 septembre 2009 | PAR Mikaël Faujour

Retour par la case US pour Jean-Louis Murat avec ce seizième album. Dix ans après le superbe Mustango, le profus Auvergnat passe par la case Nashville et livre un recueil de chansons d’une élégance toute muratienne.

Voici donc l’annuelle livraison de Jean-Louis Murat avec ce Cours ordinaire des choses enregistré dans la capitale de la country music, Nashville (Tennessee). Dix ans après une première virée aux Etats-Unis où il s’était déjà frotté à la crème des musiciens US (Elysian Fields, Howe Gelb, Marc Ribot, Calexico), s’acoquinant avec les sonorités de l’americana, l’artiste s’en est retourné début 2009 au pays de l’Oncle Sam. Contrairement à Mustango, pas de « vedette » dans le coup, mais des musiciens de studio chevronnés, à l’expérience éloquente, puisqu’ils ont travaillé avec Jerry Garcia, John Fogerty, Roy Orbison, Crosby-Stills-Nash-&-Young, Lynyrd Skynyrd, REM, etc.

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Renouant avec des arrangements raffinés de Lilith (2003) ou surtout d’un Moscou (2005) qui lorgnait par instants vers la country, Murat livre un album où les ballades capiteuses voisinent avec des morceaux enlevés. « Lady d’Orcival » ou « Falling in Love Again », scandées par les voix féminines – très présentes sur l’album –, toutes de recueillement et de grâce pure, s’imposent d’évidence comme des nouveaux classiques du répertoire muratien, non loin de morceaux comme « Bang Bang » (Mustango) ou « La Fille du capitaine » (Moscou). La ballade érotique « La tige d’or », auquel l’habillage country (violon plaintif, bottleneck et banjo) donne une force mélancolique, ou encore la parfaite douceur, caressante et suave de « Chanter est ma façon d’aimer » et du morceau de clôture « Taïga » comptent aussi parmi les enchantements de cet album. C’est dans ces compositions à la lenteur sensuelle que l’artiste est le plus séduisant de la scène française.

Mais, jamais unidimensionnel, le plus célèbre des Auvergnats signe encore ici quelques morceaux plus dynamiques : l’ouverture rock « Comme un incendie », le popisant « M Maudit », ou encore la très dansante country « Comme un cowboy à l’âme fresh ». Toujours aussi abstrus et percés de belles saillies poétiques, les textes développent les inlassables thèmes de la fuite du temps, de l’amour, de l’érotisme et des agréments épicuriens de l’existence.

Excellent recueil de chansons aux arrangements somptueux, Le Cours ordinaire des choses est à coup sûr l’un des disques de l’année 2009. Derrière Jean-Louis Murat, la jeune chanson française paraît souvent bien falote. Ils ne sont pas nombreux les artistes de sa trempe capables de sortir chaque année un album différent, riche et varié. Notre homme reste ce parfait artisan-joailler de la chanson et du rock français. Un exemple.

Jean-Louis Murat – Le Cours ordinaire des choses, 2009, V2/Universal.

Extrait : « Lady d’Orcival ».

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Mikaël Faujour

8 thoughts on “Jean-Louis Murat : Quelque chose de Tennessee”

Commentaire(s)

  • muriel

    Superbe chronique. J’ai vraiment d’écouter l’album !

    septembre 2, 2009 at 17 h 38 min
  • Bravo de nous avoir donné envie… y a du lourd ces prochaines semaines : Murat, Miossec, Biolay… je pense qu’on va arrêter de parler des Beatles… enfin j’espere

    septembre 11, 2009 at 15 h 11 min
  • yael

    Merci! nous aussi nous attendons Miossec et Biolay avec impatience, et dernièrement je trouvais qu’on entendait beaucoup plus de Michael Jackson aux pique-niques et fêtes que les beatles!

    septembre 12, 2009 at 16 h 48 min
  • Fan inconditionnel de Jean-Louis Murat depuis son « Manteau de Pluie », chaque nouvelle sortie me fait vibrer de joie : merci pour votre chronique, qui donne plus envie encore d’entrer à nouveau dans son monde.

    septembre 24, 2009 at 19 h 58 min

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