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[Live report] Yom au Festival Jazz’n’Klezmer

[Live report] Yom au Festival Jazz’n’Klezmer

20 novembre 2014 | PAR Elie Petit

Salle comble à l’espace Rachi, rue Broca, ce mercredi soir. Laurence Haziza, la directrice du Festival Jazz’n’Klezmer annonce, depuis la scène du Centre d’Art et de Culture juive, l’arrivée imminente du messie du klezmer en France. Yom présente ce soir la première de sa nouvelle création, « Yom et les Yiddish Cowboys ».

La guitare électrique du « shérif adjoint » Aurelien Naffrichoux (aussi à la steel-guitar et guitare baryton), ouvre le set par une ambiance western à la Ennio Moriconne, qui pose le décor. Une musique de duel, complétée en duo, par le guitariste acoustique Benjamin Coursier, « porte-flingue » qui usera aussi du banjo et du dobro.

Yom, attend patiemment son tour. Son premier souffle est guetté par la salle. Le morceau d’ouverture, très intense, nous porte, sur un cheval galopant, entre les falaises des canyons du Far West. Yom vacille, vrille, trille, dans sa tunique noire. Ses épaules dansent, il se charme lui-même. On sent la puissance évocatoire de ses compositions, véritables déchainements à l’ornementation virtuose. Un festival dans le Festival.

Yom est un musicien transformiste. Il change d’identité à chaque album et crée des groupes aux noms délicieux : les Wonder Rabbis, les Yiddish Cowboys. La plupart des morceaux sont des ballades, celle de « Moishe », personnage unique de cette aventure, un jeune juif ashkénaze en quête d’une nouvelle identité. Un Yiddish Cowboy en devenir. On passe avec lui du chemin de la synagogue à la salle de billard du Saloon, de son désir à sa métamorphose. « Moishe » est prétexte à dépeindre la croisée des chemins à laquelle se trouve la musique de Yom dans ce projet.

L’ambiance est parfois Tarantinesque. Le jeu de lumière mime le vent qui se lève sur les dunes et nous aveugle, de poussière et de sable. Yom grimpe entre les octaves, des airs traditionnels et de ses propres créations. Les spectateurs sont heureux, leurs oreilles renouvelées par ce nouveau mélange de klezmer et de blues, d’Ouest américain et d’Europe orientale. La clarinette de Yom va si vite qu’elle propose un challenge fou à la guitare et au banjo : le suivre dans ce voyage unique.

Dans cette virée nouvelle, Yom parle encore de quête initiatique, à l’image de ce qu’il proposait déjà dans le formidable « (Le) Silence de l’Exode ». Il continue à inventer et imposer son style, ses signatures. Et rend hommage au blues et aux maîtres du klezmer, Naftule Brandwein et Giora Feidman.

Visuel : (c) Jazz’n’Klezmer

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Elie Petit
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