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[Live report] Shpilkes au Festival Jazz’N Klezmer

[Live report] Shpilkes au Festival Jazz’N Klezmer

30 novembre 2014 | PAR La Rédaction

Pour l’avant-dernière date du festival Jazz’n Klezmer, le groupe Shpilkes présentait hier soir La complainte du balluchon, un conte musical mêlant récit et airs traditionnels yiddish.


En quelques notes et quelques mots, la chanteuse Eléonore Biezunski et son orchestre – violon, contrebasse, accordéon et clarinette – posent le décor : nous sommes à Telz, petite ville de Lituanie, à la fin des années 30. Son marché coloré, ses bons mots, et ses patineurs sur le lac gelé. Puisant dans le répertoire yiddish traditionnel, Shpilkes raconte l’histoire de Moïshé, né en 1922, qui aimait voler des pommes dans le verger du pope russe, et les manger jusqu’à ce qu’il ne reste plus que « le petit bâton de bois ». Un goût pour la vie et pour les pieds de nez à la faim qui se retrouve joliment illustrés par des mélodies joyeuses et mélancoliques, voix profonde et sincère, notes folles et enjouées du clarinettiste – Hervé Bouchardy – et violon déchirant – Charles Rappoport.

Au fil des chansons, le récit se poursuit et se teinte de gravité : la guerre, la Russie, l’Armée Rouge. Mais aussi une rencontre amoureuse avec Reyzl – « Kh’hob dir gezogt » (J’t’avais bien dit) – et un départ en France avec un immense réfrigérateur. Mais qui est en réalité Moïshé ? Emue, Eléonore Biezunski révèle qu’elle vient de raconter l’histoire de son grand-père, qui a transmis son récit de vie dans L’Odyssée d’un voleur de pommes (La Cause des Livres, Paris, 2004), et tout son patrimoine culturel et musical dans un balluchon invisible. Pieds et mains marquant irrésistiblement le tempo de ces airs entraînants, hochements de tête en rythme : la salle était avec Moïshé hier soir. Nul doute que le contenu de son balluchon, qui donnait tout à la fois envie de rire, de pleurer et de danser, est bel et bien vivant.

Maud Serpin

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La Rédaction

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