Jazz
[Live report] Scott Bradlee & PostModern Jukebox en live à l’Alhambra

[Live report] Scott Bradlee & PostModern Jukebox en live à l’Alhambra

17 mars 2015 | PAR Delphine Habert

Scott Bradlee et son PostModern Jukebox, découverts par leurs vidéos postées sur Youtube, étaient en concert jeudi 12 mars à l’Alhambra, et l’expérience valait le détour. Ce show bien millimétré fut comme un voyage dans le temps, du musical des années 1920, aux débuts du jazz, en passant par la soul, la valse, le swing… Bref, un vrai petit moment de bonheur!

Par où commencer? Peut être le début du concert, dans une salle d’Alhambra blindée : pas une place libre dans les gradins, et une fosse remplie jusqu’aux portes d’entrée. À 20h15 entre sur scène le showman et merveilleux chanteur Mykal Kilgore pour annoncer le show : une petite description du groupe en anglais, un peu d’humour sur les réseaux sociaux et une annonce de communication pour leur hashtag #PJMtour. Le public découvre ensuite le socle instrumental du groupe, les 6 musiciens qui joueront pendant deux heures. Un vrai exploit à saluer, et notamment pour la section rythmique composée d’Adam Kubota à la basse, Chip Thomas à la batterie, et Scott Bradlee au piano. Ce dernier n’est autre que le producteur à l’initiative de ce projet de jukebox du 21ème siècle. Projet contemporain par le moyen qui a fait son succès (Youtube), mais aussi par le concept même de jukebox vivant. Le pianiste a en effet fait connaître le collectif en postant régulièrement des vidéos de chansons actuelles réarrangées avec d’autres styles, et avec l’intervention d’une  ribambelle de chanteurs tous aussi talentueux les uns que les autres. Parmi eux des divas comme Ariana Savalas ou encore Morgan James qui peuvent tout interpréter, de leur voix au grain si particulier.

Il y aurait pu avoir le risque que le succès viral n’eut pas trouvé d’écho sur scène, mais le succès était bel et bien au rendez-vous. La scène fait vivre ces interprétations à travers les dynamiques, les transitions entre chaque morceau, les apartés de certains musiciens qui créent un lien de proximité avec le public. Évidemment, la reprise de chansons d’artistes plutôt mainstream y fait beaucoup.  Le groupe interprète du Miley Cirus, du Maroon Five, en passant par Macklemore, Hozier ou encore les Jackson Five. Mais leurs arrangements sur ces morceaux est la clé de tout. Ils ont au total interprété une trentaine de chansons, entièrement ou partiellement. Dans la logique de concept de jukebox, Scott Bradlee a même consacré un temps du spectacle à de l’improvisation à partir de propositions  de noms d’artistes émanant du public. Il a alors choisi des morceaux de ces artistes et improvisé dans la minute qui a suivi, passant d’un morceau à un autre avec tact et facilité, mixer du Michael Jackson, du Franck Sinatra et du Kanye West n’étant pas forcément chose simple aux premiers abords.

Après 2h de spectacle sans interruption, le concert se termine sur la reprise de Shake It Off, chantée par Von Smith. La chanson s’étale sur une dizaine de minutes, laissant place à des solos et improvisations de chaque musicien, clôturant le concert au summum, avant de laisser la place à une dernière chanson, plus calme, pour terminer la soirée en beauté.

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Delphine Habert
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