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[Live report] Jazz in Marciac – Cécile McLorin Salvant et Dee Dee Bridgewater

[Live report] Jazz in Marciac – Cécile McLorin Salvant et Dee Dee Bridgewater

08 août 2014 | PAR Delphine Habert

Deux chanteuses de jazz expressives et charismatiques étaient sous le chapiteau de Marciac mercredi soir, faisant vibrer et swinguer le public marciacais.

À Marciac on y vient pour écouter du jazz, au festival Off sur la place de l’Hôtel de Ville en journée, puis sous le chapiteau en soirée pour y découvrir ou redécouvrir des grands talents du jazz de la scène internationale. On peut également profiter d’une balade dans les ruelles de la bastide, arpenter les diverses expositions et s’arrêter pour écouter les concerts improvisés dans les rues ou sur les terrasses des restaurants.

Depuis le 28 juillet et jusqu’au 17 août, les mélomanes, et plus particulièrement les amateurs de jazz, se pressent dans ce petit village gersois pour la 37ème édition du festival. Difficile de citer seulement quelques artistes qui seront présents durant cette édition tant la manne de talent est encore au rendez-vous cette année. Les incontournables du festival sont bel et bien de la partie : le trompettiste et parrain du festival Wynton Marsalis, l’accordéoniste Richard Galliano, le pianiste Chick Corea, le Buena Vista Social Club, la chanteuse Dee Dee Bridgewater ou encore le violoniste Didier Lockwood. Des artistes plus récemment découverts sont aussi présents, c’est le cas notamment de Cécil McLorin Salvant.

En cette belle soirée d’été, le jazz vocal féminin est au rendez-vous sous le chapiteau. Le public est également de la partie, présent pour les deux têtes d’affiche, deux chanteuses dans la même lignée artistique, capables de tout chanter, d’aller sur tous les registres, utilisant une palette de timbres infinie.

Cécile McLorin Salvant foule en premier la scène marciacaise, aux alentours de 21h. Elle est accompagnée d’un trio remarquable: le pianiste Aaron Diehl, le contrebassiste Paul Sikivie et Pete Van Nostrand à la batterie. Le trio accompagne avec brio la chanteuse, dans un style brillant, s’adaptant harmonieusement à la voix de la vocaliste. L’artiste entonne des thèmes de comédies musicales, remonte le temps avec des chansons d’un répertoire des années 1930, reprenant des chansons populaires comme It Ain’t Necessarily So composée par Gershwin ou encore Growling Dan de Blanche Calloway.

John Henry :

Cécile McLorin Salvant chante aussi bien en anglais qu’en français. Tout en nuances, la reprise de la chanson de Barbara Le mal de vivre émeut, de même que la chanson Le front caché sur tes genoux, adaptée d’un poème d’Ida Faubert.

Le front caché sur tes genoux :

L’artiste sait chanter sur tous les registres et possède une étonnante capacité à passer d’un timbre à un autre. Certains pourraient lui reprocher de ne pas avoir de style propre, mais sa capacité à développer toute cette palette vocale et son habileté à nous faire voyager dans le temps ne laissent pas indemne. Et les applaudissements énergiques de la fin du set l’ont prouvé!

En deuxième partie, c’est au tour de Dee Dee Bridgewater de faire son apparition. La diva, brillante de mille feux, arrive toute pimpante et élégante après une introduction instrumentale des musiciens avec qui elle a collaboré sur l’album « Astro Physicist ». Dee Dee vient à Marciac pour la onzième fois ! Elle commence le set avec le célèbre Afro Blue, puis entonne des standards de Gershwin, d’Abbey Lincoln, de Thelonious Monk, de Billie Holiday, d’Horace Silver ou encore de Stevie Wonder.

Afro Blue :

Des compositions de l’album « Afro Physicist » sont aussi jouées. Les musiciens de ce projet sont à la pointe, leurs solos sont bien travaillés et font groover le sol marciacais. On remarquera notamment la symbiose parfaite entre le trompettiste Theo Croker et le saxophoniste Irwin Hall, un duo très agréable à écouter. La créativité et le groove hypnotique du groupe se marient à merveille avec la voix généreuse de la chanteuse. Dee Dee donne tout et a cette présence qui caractérise les plus grands improvisateurs. Elle interprète avec passion et puissance les morceaux, toujours avec classe, assumant pleinement sa féminité. À la fin du concert, elle parvient même à faire se trémousser le public. Un très bon moment de partage.

 

1ère partie – Cécile McLorin Salvant (voc.)
Aaron Diehl (p)
Paul Sikivie (cb)
Pete Van Nostrand (dms)

2ème partie – Dee Dee Bridgewater (voc.)
Theo Croker (tp)
Irwin Hall (s, fl)
Michael King (k)
Eric Wheeler (cb)
Kassa Overall (dms)

 

Visuels : © John Abbott ; Mark Higashino

Vidéos : © Mack Avenue ; Victoires du Jazz

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Delphine Habert

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