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Mulatu Astatke, gloire de l’éthio-jazz à la Philharmonie [Live Report – Jazz à la Villette]

Mulatu Astatke, gloire de l’éthio-jazz à la Philharmonie [Live Report – Jazz à la Villette]

15 septembre 2017 | PAR Elie Petit

Ce mercredi soir, le pape de l’ethio-jazz Mulatu Astatke a fait planer la Philharmonie de Paris avec ses morceaux hypnotisants et son vibraphone mystérieux.

 

Mulatu Astatke entre en scène. Derrière son vibraphone, les morceaux dureront pour certains 20 minutes. L’atmosphère est cinématique par moments. La rythmique change, elle est parfois samba, parfois flottante. On plonge à chaque fois dans des abimes jazz.

Le public est attentif, se laisse porter et s’envoler par les intervalles, les accords et les solos du maître. Les tubes Yègellé Tezeta et Yèkèrmo Sèwsont très applaudis. Ils sont orchestrés différemment, le rhodes ayant été substitué par le saxophone et la trompette, dont les parties sont moins fournies que les enregistrements adulés par les fans d’ethio-jazz.

La trompette et le saxophone jouent à l’unisson, sur les mélodies qui ont rendu sa musique célèbre dans le film de Jim Jarmusch Broken Flowers. Leurs ritournelles sont parfois jouées liées pour terminer par ces accoups caractéristiques de l’éthio-jazz. Le piano fait des siennes. Mulatu y remplacera le pianiste pour une chanson de son cru, dira-t-il.

Ils sont 8 sur scène pour tenir la machine à ethio-jazz. Tout roule. Astatke circule entre son vibraphone, son wurlitzer, ses congas et ses timbales. Deux musiciens supplémentaires entrent en scène et pas des moindres. Ahmed Gallab (de Sinkane) au chant et à la guitare pour ses riffs tout en boucles et variations qui donnent toute sa base aux morceaux et Soweto Kinch au saxophone fou mais au rap parfois hésitant.

Astatke, est difficilement compréhensible dans ses prises de paroles, il maugrée lors de ses intros et de ses solos. C’est étonnant. La base est solide avec des passages endiablés. On ne sait si la Philharmonie convenait parfaitement à l’ethio-Jazz mais le travail de lumière, la qualité des musiciens et la maitrise d’Astatke ont rendu cette soirée belle et planante.

Visuel @ crédit : Maxime Guthfreund / Jazz à la Villette

 

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Elie Petit
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