Jazz
[Live report] Hiromi Trio Project à la Cigale

[Live report] Hiromi Trio Project à la Cigale

08 juillet 2014 | PAR Delphine Habert

Hiromi Uehara, pianiste japonaise au talent fou, était en compagnie du bassiste Anthony Jackson et du batteur Simon Phillips pour un concert jeudi soir à la Cigale.

À 19h30 arrivent sur scène une chanteuse et un pianiste, une première partie dont on ne s’attendait pas mais qui ravit nos sens. Dans une ambiance intime, sous une lumière tamisée, les vocalises poétiques se marient avec l’accompagnement plaintif et doux du piano. Lou Tavano et Alexey Asantcheeff entonnent différents styles de morceaux. La voix riche et complète porte le duo, dans un style à la « Camille », testant de nouveaux horizons vocaux. La reprise de La vie d’ici bas d’André Minvieille est remarquée, l’adaptation vaut le détour. Le duo nous fait aussi voyager, en Russie, à travers la chanson Petite Pomme, un morceau composé en hommage à la grand mère du pianiste, Babou.

Après cette première partie très agréable, on sent la pression monter, le public attend le phénomène pianistique, la jeune femme aux doigts de fée, connue pour son talent et sa générosité scénique. Hiromi arrive alors, accompagnée du bassiste Anthony Jackson et du batteur Simon Phillips, légèrement caché par sa batterie qui fait office de cabane, les toms et cimbales  s’amoncelant à n’en plus finir. Le concert démarre fort, très fort, Hiromi est déchainée, elle fait corps avec le piano, dévoile une technique pianistique à son paroxysme. Ses doigts courent, sprintent, trébuchent sur le clavier. La précision rythmique est millimétrique, les changements de rythme s’enchainent, toujours en symbiose entre les trois musiciens. Elle est déchainée, possédée par son piano. Du haut de ses 35 ans, vêtue d’un petit short, d’un T-shirt ample et de baskets, la jeune femme peut tout jouer. Elle vascille, sautille, dodeline, se lève brusquement comme si elle dialoguait physiquement avec la musique émise par le trio. Elle arrive à faire partager cet amour pour son instrument et met le public dans sa poche dès le premier morceau. Il faut la voir pour y croire, on a rarement vu une artiste se dévoilant autant à travers son instrument. Elle n’hésite pas à injecter dans ses morceaux des bribes de standards connus de tous ou à interpréter ses compositions à la manière de grands jazzmen.

Face au phénomène le public est aux anges, il extériorise par des cris d’exclamation, de soulagement et d’encouragement. La pianiste ne joue pas seulement un répertoire jazz rythmique et dynamique, elle interprète aussi des compositions douces, calmes, à l’économie.

Le public ébahi n’en a pas loupé une miette, impressionné et rempli par une musique originale et techniquement impressionnante.

Visuels : © Andrea Canter

© Universal Music Japan

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Delphine Habert

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