Jazz
Judith Owen ose le jazz des femmes libres à We Are

Judith Owen ose le jazz des femmes libres à We Are

08 juillet 2022 | PAR Yaël Hirsch

Dans le cadre des concerts du jeudi du club de créatifs We Are, la galloise installée à New Orleans Judith Owen entourée de ses 4 Gentlemen Caller donnait la primeur de son 13e et dernier album, On & Get It (Twinky Records). Une série de reprise de standards et perles jazz des années 1940 et 1950 où les femmes osent dire qu’elle aiment le sexe…  Une vraie bombe à retrouver les 16 et 17 septembre lors de la sortie effective de l’album au Duc des Lombards. 

We Are, club qui fait des ponts entre ceux et celles qui travaillent dans les industries créatives. 

Après un verre dans le somptueux jardin de We Are, nous nous sommes regroupés sous un plafond de street art, dans le bar, autour de tables. Une fois les portes refermées, l’ambiance club de jazz pour happy few était à son maximum. Judith Owen est entrée en scène comme une tornade rousse. D’habitude elle est au piano, a-t-elle remarqué, mais ce soir, elle se concentre sur le chant.  Entourée de ses musiciens extraordinaires, bras en l’air, talons, rouge à lèvres rouge, elle incarne ces femmes puissantes des années 1940 et 1050 qui ont eu le courage d’assumer et même de chanter leur désir à un moment où on leur demandait d’être timides et effacées. 

Judith Owen : la bombe jazz

Bombe d’énergie, Judith Owen s’impose : elle est magnifique, puissante, incontournable. Elle jure à temps avec véhémence, car « quand on jure cela veut dire qu’on se soucie ». La Galloise est ravie de jouer ce soir pour célébrer le départ de « BoJo » des affaires politiques britanniques. Elle est aussi un peu inquiète de son niveau de français (« franchement merdique ») mais devant une audience internationale et complètement sous le charme cela ne l’empêche pas de beaucoup parler ! Avec Julia Lee, elle rend les épinards sexys (et sexuels), avec Peggy Lee (« He’s a tramp ») elle nous fait saliver, Dinah Washington est une égérie blues au sang chaud, et l’ambiance se fait plus mélancolique avec Julie London.  

Tout autant sous le charme et même admiratifs lors des solos de vocalises, ses musiciens sont juste exceptionnels : Kevin Louis à la trompette, Lex Warshawsky à la basse et Pedro Segundo aux percussions s’en donnent à coeur joie. Et leur jubilation est communicative.

Hommage aux femmes qui chantent leur désir

On arrive aux deux titres finaux, avec celle qui a initié tout le projet de l’album en plein confinement, Nellie Lutscher. La chanteuse a eu une carrière fulgurante dans les années 1940 et 1950 avant de se taire pour 50 ans. Quand elle est remontée sur scène un peu avant sa mort en 2007, Judith Owen a pu assister à son concert en Californie et la reprise du gourmand « Fine Brown frame » est le « hit » de l’album. Le public n’aurait pas laissé passer Judith Owen sans bis, c’est une version féminine et féministe de « Lean Baby » de Franck Sinatra qu’elle nous offre comme au-revoir.

Nous serons au Duc des Lombards en septembre pour la sortie de l’album !

visuels (c) YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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