Jazz
« Brotherhood », le nouvel opus jazz du Belmondo Quintet

« Brotherhood », le nouvel opus jazz du Belmondo Quintet

11 mars 2021 | PAR Geraldine Elbaz

Les frères Belmondo, Lionel au saxophone et Stéphane à la trompette, accompagnés par Eric Legnini au piano, Sylvain Romano à la contrebasse et Tony Rabeson à la batterie, fêtent leurs retrouvailles avec un 5ème album élégant et spirituel, dans les bacs le 12 mars 2021.

Un album, des légendes

Le Belmondo Quintet est de retour après dix ans et met à l’honneur quatre légendes du jazz, dont les noms transposés en notes de musiques, ont inspiré les thèmes de compositions originales et entraînantes.

Wayne Shorter, Yusef Lateef, Woody Shaw et Bill Evans, figures tutélaires du groupe, deviennent ainsi, chacun dans son genre, une succession de notes brodées tantôt en motifs métronomiques, tantôt en mélodies enthousiasmantes.

Exercices de style 

Ce procédé, initié par Bach dans l’Art de la Fugue et repris ici par Lionel Belmondo, transforme par exemple le prénom Wayne en si – la – ré – sol – mi, suite musicale que l’on retrouve à la trompette dans le titre « Wayne’s Words ».

A la manière de l’Oulipo, qui par le truchement d’astuces inventives explorait les nouvelles potentialités du langage et se distinguait par un style innovant, la correspondance entre les lettres et les notes sert donc de méthode de base pour les quatre titres-hommages.

Le résultat est très hétérogène avec une cadence parfois lancinante, hypnotique presque, sur laquelle viennent se greffer des éléments primesautiers et légers, comme une envolée inattendue.

« Woody ‘n Us » nous embarque avec un riff génial dès le début, Eric Legnini pose les notes impeccables, terreau de l’improvisation des instruments à vent qui s’en donnent à cœur joie, soutenus tout du long par le jeu subtil de la batterie et la contrebasse. Superbe exécution.

La rythmique lente du titre « Yusef’s Tree », le balancement de la main gauche du pianiste accompagné par le chant de la trompette crée une atmosphère bien particulière, comme dans le film Taxi Driver, où De Niro roule, solitaire, dans les nuits de New-York…

« Prétexte » est une petite pépite signée Stéphane Belmondo, avec des arrangements raffinés et une rythmique exaltante.

« Doxologie » et « Sirius » se rapportent à la tradition française de l’orgue liturgique, alors on entre en communion avec les thèmes proposés.

Enfin, « Song for Dad » est une ballade sensible en souvenir du père, tout en délicatesse pour Yvan Belmondo, disparu fin 2019.

Huit titres placés sous le sceau de la nouveauté et de la fraternité, portés par un quintet inspiré.

Visuel : pochette de l’album

Belmondo Quintet
Brotherhood
B-Flat Recordings
jazz&people

Sortie de l’album le 12 mars 2021
Disponible en CD, LP et Digital

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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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