Musique
Jazz sous les Pommiers 2011 : l’année de tous les records

Jazz sous les Pommiers 2011 : l’année de tous les records

07 juin 2011 | PAR Neil Saidi

On nous avait promis un final grandiose, nous n’avons pas été déçus !

2011 aura été un très bon millésime pour Jazz sous les Pommiers, tant pour la fréquentation que pour la qualité des concerts et l’ambiance générale avec, il faut le dire, un nombre record de standing ovations. Denis Le Bas, directeur artistique du festival, nous confie qu’il y avait une petite pression pour ce trentième anniversaire, qu’il ne fallait surtout pas rater. La 29ème édition ayant été exceptionnelle, la tâche ne s’annonçait pas facile. Mais le pari a été relevé ! Environ 38 000 billets ont été vendus cette année, a peu près autant que l’année dernière mais avec en plus un final gratuit. Il faut savoir qu’à Coutances les recettes de la billetterie représentent 45% du financement du festival, ce qui est loin d’être le cas dans la plupart des festivals de Jazz. Quasiment tous les concerts au Théâtre Municipal et dans la salle Marcel Hélie se sont déroulés à guichet fermé. En terme de fréquentation sans billets, 10 000 personnes ont arpenté les rues de Coutances samedi soir pour le final. Si l’on additionne les concerts payants, les concerts gratuits, et la folle parade, on arrive à un chiffre qui dépasse avec certitude les 75000 spectateurs en une semaine.

 

Une journée chargée en ce dernier jour de festival. A 12h30 le trio « French Suite » du clarinettiste Thomas Savy fait trembler le Magic Mirrors. A 15h Jamie Cullum fait son show salle Marcel Hélie, deux heures plus tard au Théâtre Municipal, concert exceptionnel du collectif des résidents qui nous propose une création spécialement composée pour l’occasion. A 19h30 salle Marcel Hélie, deux prodiges se rencontrent, Tigran Hamasyan et Martial Solal, la fougue de la jeunesse et la maturité du sage, un concert qui s’annonce mémorable (rediffusé jeudi 9 juin à 20h30 sur Mezzo). Puis à partir de 21h, grande innovation de cette 30ème édition, la « Folle Parade », 10 fanfares déambulent sur un circuit de 1,3 km à travers la ville. L’ambiance est toujours aussi joyeuse dans les rues de Coutances, le square de l’Evéché accueille comme tous les jours des groupes amateurs, 30 différents groupes auront joué sur cette scène tout au long de la semaine.

 

C’est un beau cadeau qu’ont fait les résidents au festival avec une superbe création proposée au Théâtre Municipal. Les résidents animent le concert avec beaucoup d’humour. Entre deux morceaux, le pianiste Bojan Z piétine accidentellement le sax soprano d’Andy Sheppard posé sur le sol, Andy Sheppard jette un coup d’oeil sur son biniou mais ne dit rien. Plus tard dans la soirée au moment de prendre le soprano, il joue quelques notes avant de commencer le morceau, se tourne vers Bojan et lui lance un « c’est mieux qu’avant ! ». Andy Sheppard a été magistral au soprano comme au ténor, tout comme le reste des résidents, Bojan Z au piano, Louis Winsberg à la guitare, Yves Rousseau à la contrebasse, Franck Tortiller au vibraphone et le batteur Christophe Marguet qui vient compléter cette formation.

 

 

A 19h30 salle Marcel Hélie, rencontre au sommet. Pendant la première partie du concert Tigran nous joue des pièces de son dernier album solo. Il choisit de nous jouer « Longing », un morceau sur lequel le pianiste pose également sa voix. Il nous emmène dans un univers très personnel, par un jeu subtile et sincère. Il nous interprète également « Some Day My Prince Will Come », seul standard présent sur son dernier album. Il énonce le thème en changeant d’octave presque à chaque note et ponctue la mélodie de phrases fulgurantes qui meurent brusquement, le silence nous fait sursauter. Après avoir joué quatre pièces il est rejoint par le maître Martial Solal. C’est la première fois qu’ils jouent ensemble, ils ne se sont pas vus avant le concert, et se sont simplement mis d’accord sur les morceaux qu’ils allaient jouer. Des standards. Pas si standards que ça quand on les entend joués par ces deux virtuoses. Ils ont choisi de nous jouer entre autres « What is This Thing Called Love », ainsi que deux morceaux de Thelonious Monk « Well you needn’t » et « Straight no Chaser ». On reconnaît à un moment ou à un autre le thème du morceau en question mais le reste a l’air totalement libre, exempt de toute contrainte, les deux pianistes s’écoutent et interagissent sans se soucier de suivre une grille ou rester dans une tonalité. C’est génial de voir, ou plutôt d’entendre, comment l’un réagit aux suggestions de l’autre, en répétant un motif ou en proposant un accompagnement. Une prouesse technique et un grand moment de musique qui sera diffusé sur mezzo jeudi 9 juin à 20h30, à ne pas rater !

 

A peine sorti de la salle Marcel Hélie, on s’empresse de rejoindre le parvis de la cathédrale pour pouvoir admirer les fanfares déambuler en musique.  La « Folle Parade » porte bien son nom ! Le centre ville est bondé, familles, groupes de jeunes, groupes de moins jeunes…Les gens rient, dansent, c’est la fête dans les rues de Coutances ! 10 fanfares déambulent dans la ville, musique africaine, nord africaine, tzigane, brésilienne, swing jazz, rock…  de l’Eléfanfare à la Fanfaraï en passant pas le Gipsy Burek Orkestar, il y en a pour tous les goûts !

 

A minuit on se dirige vers l’esplanade des Unelles pour une nuit funky en compagnie de Fred Wesley and the New JB’s ! Tromboniste de James Brown pendant 15 ans, Fred Wesley est un pilier incontournable de la musique funk. Le tromboniste et les New JB’s nous servent une musique puissante et énergique, on n’est pas prêt d’aller se coucher. Les musiciens démarrent avec « Spain » de Chick Corea pour enchaîner avec « Chameleon » de Herbie Hancock,  la nuit s’annonce folle !

 

Le Théâtre animé de « The animals&children took to the streets » aux Abbesses
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Neil Saidi

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