Musique
Jazz : Interview de la chanteuse Tangora

Jazz : Interview de la chanteuse Tangora

17 juin 2011 | PAR Neil Saidi

Avant d’enchanter le public du Sunset par sa voix suave et sa musique métissée, la chanteuse Tangora a accepté de répondre à nos questions.

 

TLC : A quel moment de votre vie avez-vous décidé de vous consacrer entièrement à la musique ?

Tangora : J’ai baigné dans une culture Jazz assez jeune car mes parents étaient des mélomanes, mais j’ai commencé ma carrière professionnelle après le bac, vers 19 ans, avec un groupe de lycée qui s’appelait Alizeo Pulse. On a commencé par des compositions plutôt Jazz Latin, mes amis musiciens étant d’origine espagnole. Puis je me suis peu à peu détournée de cette couleur latine en m’ouvrant au jazz plus conventionnel et en passant par l’apprentissage des standards. Par la suite j’ai rencontré toutes sortes de styles et de musiques qui m’ont amenée à des expériences nouvelles et à la composition. J’ai commencé à composer une quinzaine d’années après mes débuts. Je ressentais ce besoin d’écrire et de raconter ma propre histoire. Après avoir ingurgité tout l’héritage, on a envie d’apporter sa propre pierre à l’édifice.

Y a-t-il des chanteuses ou des instrumentistes qui vous ont particulièrement influencée ?

Bien sûr. Notre histoire est faite de notre passé, on ne peut pas construire une personnalité musicale si l’on n’a pas été inspiré par des grands. Alors pour en citer quelques uns, il y a évidemment Ella Fitzgerald, chez les hommes il y a Bobby McFerrin, Al Jarreau. J’ai aussi été très influencée par les instrumentistes. L’instrument qui m’a je pense le plus inspiré, qui m’a permis de sortir de la technique vocale et m’a poussé vers de nouvelles formes de musicalité, c’est le piano. Un des pianistes que j’ai le plus écouté c’est Oscar Peterson par exemple. J’écoute toujours beaucoup les pianistes, également les saxophonistes, ce sont eux qui me permettent d’aller beaucoup plus loin dans mon art. Bien sûr le chant pur m’a beaucoup inspirée, la musique classique, la musique italienne, la musique espagnole, sont des musiques qui m’ont également beaucoup inspirées. Je suis ce que j’ai ingurgité, je ne suis pas toute seule derrière ma voix. La liste des influences est longue, mais au bout du compte on finit par s’en détacher pour se trouver et être finalement soi-même.

Quelques mots à propos de votre dernier album « Confluences » ?

C’est la suite de l’album précédent intitulé « Colorada ». « Confluences » propose une musique métissée, latine. Je chante en espagnol, en français, et la majorité des morceaux sont des compositions. Je suis de la méditerranée puisque je suis d’origine italienne, mais ce latin là va beaucoup plus loin que la méditerranée, il va jusqu’à la caraïbe, c’est cette musique qui me permet d’être le plus à l’aise dans ma voix et dans la musicalité. Je suis entourée de musiciens géniaux, Mario Canonge au piano, Eric Vinceno à la basse et Tony Rabeson à la batterie qui remplace François Laizeau, avec ce nouveau batteur on part encore dans autre chose, et je sens que le prochain album ça va être terrible ! (rires)

Quelle sera la ligne directrice de votre prochain album ?

C’est le coeur. J’aime raconter des histoires d’amour, j’aime la poésie, j’aime les métaphores, j’aime le texte et j’aime écrire. Ecrire autour de mes voyages et écrire sur les hommes. Je cherche quelque chose de plus léger, de plus doux et de plus aérien que dans les albums précédents.

Quels sont vos projets en cours ?

Comme je l’ai dit il y a le prochain album, j’ai commencé l’écriture, et je pense y passer plus de temps à partir du mois de juillet. Je partage également de jolis projets avec l’organiste et pianiste Emmanuel Bex, nous travaillons sur des Requiem. Il a écrit un Requiem pour quatre voix avec orgue et batterie, ce sont des projets qui me touchent beaucoup, vocalement c’est très complexe, avec une écriture assez alembiquée mais j’aime ça, Emmanuel est à la fois dans le jazz et la musique classique. J’ai aussi le plaisir de travailler avec le big band d’Yvan Julien, grand arrangeur qui a travaillé avec Quincy Jones, Michel Legrand, qui a enseigné au CIM et qui a aussi composé beaucoup de musiques de films. Et enfin j’ai mon projet personnel, « Tangora », que je porte tout en continuant de voyager avec d’autres artistes qui me nourrissent et qui me font grandir.

 

 

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