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Interview: Namasté, sincérité et simplicité

Interview: Namasté, sincérité et simplicité

21 mai 2011 | PAR Moriane Morellec

Assis à la terrasse d’un pub anglais, c’est en toute simplicité que Raphaël Cornet, chanteur et guitariste du groupe Namasté a accepté une rencontre entre deux enregistrements. Simplicité, naturel, spiritualité, il explique le concept de Namasté et les diverses démarches derrière leur nouvel EP, L’Absurde.

Pourquoi le nom Namasté?

Il fallait trouver un nom de groupe. On voulait un nom qui  ne soit ni français, ni anglais et qui sonne pareil dans toutes les langues. Namasté est venu par hasard; on avait dans notre répertoire une chanson qui s’appelait « Namasté » et on a gardé le nom qui nous parlait bien. C’est une salutation, un bonjour/aurevoir mais plus spirituel, un « bienvenue dans notre univers » qui allait bien avec ce qu’on a envie de donner musicalement.

Qui est Namasté?

Je suis au chant, Kenzo aux claviers, le bassiste c’est Benoît Dordolo, le batteur, Reda Samba et Octavio est au violoncelle. Une formation à cinq. Le groupe a commencé avec Kenzo, il y a cinq ans. Pendant deux ans on s’est produits dans les bars, on a commencé à se faire un répertoire et à se roder. Ça fait trois ans qu’on est tous les cinq, l’équipe est soudée et ça se passe bien.

Comment s’organise la composition de chansons dans un groupe?

J’écris les textes tout seul. Après j’aime bien faire un travail en amont de guitare/voix pour vraiment chercher la mélodie qui me va, l’intention, coller les mots à la mélodie, trouver une harmonique, une première base, la matière première. Et après soit on se retrouve avec Kenzo et on fait évoluer un peu le morceau, sinon dès que j’ai cette matière première, on se retrouve ensemble et  tout le monde apporte ses idées, ses influences mais toujours au service du projet. Comme la couleur de Namasté au fil du temps se concrétise, on arrive vraiment à palper une matière commune entre les morceaux, une identité.

Quelles sont vos influences?

Elles sont toutes différentes même si on se retrouve sur le groove. Au niveau de la voix j’ai été influencé par des chanteurs de blues, de reggae ou de soul. Benoît à la basse adore la soul et le hip-hop, Reda a des influences plus musiques du monde, Octavio le classique, Kenzo le jazz. Mais c’est ce qui fait notre couleur Namasté: la richesse de chacun, les influences de chacun qui fait une espèce de cuisine tout ensemble, et ça devient Namasté.

Pourquoi ce choix de combiner l’anglais et le français dans vos textes?

C’est simple. Les chanteurs qui m’ont influencés sont les chanteurs de blues, de reggae, de soul et cette influence anglo-saxone m’a donné envie de chanter en anglais. C’est ce qui me parlait. Au bout d’un moment je me suis dit que je m’exprimerais peut-être mieux en français ! Du coup j’ai commencé à écrire en français et ça m’a plu ! Le challenge c’est que j’ai envie de faire sonner le français aux couleurs anglo-saxonnes. Le hip-hop m’aide beaucoup dans ce travail parce qu’il n’a pas de mélodie, que de la cisaille rythmique, qui bouscule les mots. Je suis persuadé qu’il y a quelque chose à apporter au champ français. Il n’y a pas eu de choc culturel dans la musique depuis le jazz de l’après-guerre!

Et les chanteurs français qui chantent en anglais ?

Il y a cette étiquette de variété qui traîne et qui ne mets pas en valeur la chanson. Le français c’est très connoté, dès que les mots sont en français tout le monde écoute et comprend. Donc inconsciemment l’attention est portée vers le texte. A terme, j’aimerais arriver à ne chanter qu’en français mais avec cette couleur, cette musicalité de l’anglais. Je vais trouver !

Expliquez-nous vos « attentats sonores »? (ndlr. jouer de la musique dans des lieux publics et insolites)

C’est super chouette, c’est l’idée de notre ami Florent qui tient le blog BimBamBoum. Son délire c’est les « attentats sonores », on va dans un endroit public, on sort les instruments, et on essaie de faire un attentat. On s’est retrouvés dans l’ascenseur et le quai de la station Abbesses. C’était terrible !

Pourquoi avoir nommé l’EP L’Absurde alors que ce n’est pas le thème global?

Pour le moment c’est le titre le plus ‘catchy’ (ndlr. accrocheur), celui qui retient le plus l’attention des bloggeurs, des auditeurs, des radios. Les textes n’ont pas l’absurde pour thème, je pense que la cohésion se fait plus dans l’idée de ‘choisir sa voie’, faire des choix. J’ai le sentiment d’avoir trouvé ma voie dans la musique. Du coup j’incite mes amis et mon entourage à faire cette recherche, pour être heureux, tout simplement. Et à se bousculer, quitte à se rétamer mais au moins tu auras vécu, tu te seras écouté, tu auras cherché.  Je pense qu’on a tous un truc qui nous fait vibrer. Le spirituel aussi, c’est un côté qui me parle beaucoup. Je suis vraiment sincère. Si je ne l’étais pas, je n’arriverais pas à écrire des chansons ! Il y a sur cet album beaucoup de vécu. La vie n’est pas forcément tout rose et tout noir, faut se chercher, oser.

La scène c’est quelque chose que vous affectionnez?

En live il se passe vraiment un truc. Tu partages. On s’est vraiment formés avec le live, on a toujours joué régulièrement, on est tout le temps en train de progresser. On est cinq donc il peut se passer 10 000 choses et musicalement on est est en évolution constante. C’est intéressant car aucun live se ressemble.

Namasté en trois mots?

Partage. Musique comestible. Sincérité.

Propos recueillis par Moriane Morellec

 

L’album sort le 23 mai sous le label Moonkeys Music et Namasté sera le 25 mai au Divan du Monde.

 

Visuels: (c) zebule.fr, hebdoblog.com

 

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