Musique

[Interview] « MaMA est devenu un rendez-vous incontournable pour la filière musicale »

[Interview] « MaMA est devenu un rendez-vous incontournable pour la filière musicale »

29 septembre 2014 | PAR Bastien Stisi

Du 15 au 17 octobre prochain, le XVIIIe arrondissement et le triangle Anvers / Pigalle / Blanche accueillent pour la 5e année consécutive le MaMA festival (la première édition était organisée à Bourges), conglomérat de concerts, de conventions et de rencontres entre professionnels de l’industrie du disque. Les professionnels ont leurs lieux pour échanger, se rencontrer, apprendre des uns des autres, et le public à ses artistes (cette année Mina Tindle, Cascadeur, Chassol, Camp Claude, Disco Anti Napoléon, Salut C’est Cool…). Fernando Ladeiro-Marquez, le directeur de cette édition 2014, revient pour sa part sur la genèse, l’évolution, et les ambitions du festival référence le plus hybride du territoire hexagonal

Qu’est-ce qui a changé entre la première édition du MaMA en 2009 et cette édition 2014 qui est sur le point de débuter ?

Fernando Ladeiro-Marquez : En cinq ans, nous avons pu affiner notre modèle qui est aujourd’hui bien calé. L’événement est passé de deux à trois jours avec, en journée, des activités dédiées aux professionnels et, en soirée, des concerts ouverts au public.

MaMA est devenu en peu de temps un rendez-vous incontournable pour la filière musicale. Notre progression et notre positionnement dans le panorama des « festivals et conventions » à l’échelle internationale sont reconnus (MaMA a été récompensé en 2012 de l’Award du « Best Networking Event ») et ce rendez-vous parisien est noté dans l’agenda des professionnels, français et internationaux.

Au MaMA plus qu’ailleurs, l’accent est mis sur ce que l’on pourrait appeler « les coulisses de l’industrie musicale ». Ici, le public et les professionnels paraissent être mis sur le même pied d’égalité…

F. L.-M. : C’est la spécificité même de MaMA. Notre événement est hybride, il concerne les professionnels pour lesquels nous organisons de très nombreuses activités, mais aussi le public pour qui MaMA est perçu comme un véritable festival. Le public et les professionnels, français et internationaux, se côtoient naturellement puisque, dans chaque salle de spectacle, nous mettons en vente 50% de la capacité du lieu, les autres 50% étant réservés aux professionnels.

Quelles seront cette année les thématiques et les problématiques développées par les conférences et les débats du MaMA ?

F. L.-M. : Nous proposons cette année près de 70 rencontres professionnelles (conférences, débats, workshops, speed-meetings …) et de nombreuses opérations de networking permettant aux professionnels, français et internationaux, de se connaitre et de développer des collaborations.

Le programme de nos conférences est très riche et diversifié, un peu comme un menu de restaurant chinois dans lequel il est toujours difficile de faire des choix. C’est pourquoi il nous a semblé opportun de créer trois « parcours » identifiés : un parcours festivals, un parcours musiques enregistrées et un parcours artistes, permettant aux professionnels de sélectionner les rencontres qui les intéressent en fonction de leurs métiers ou de leurs attentes. Nous retrouverons ainsi ces trois thèmes déclinés, chaque jour, lors de conférences, de débats ou de workshops. D’autres thèmes qui ne sont pas liés à ces trois parcours (nouvelles technologies, export …) seront bien évidemment abordés lors de nos nombreuses rencontres.

Pourquoi avoir choisi d’ancrer le festival au sein du XVIIIe arrondissement ?

F. L.-M. : Pour assurer le succès et l’ambiance de MaMA, il nous paraissait important d’installer l’événement dans un quartier qui comptait de nombreuses salles de spectacles, réunies dans un espace géographique réduit afin de permettre une déambulation propice entre les différents lieux. Le 18ème, avec ses multiples salles de spectacles alignées sur le boulevard et ses divers autres lieux atypiques (bars, galeries, halls d’hôtels…) offrait l’écrin idéal dont nous avions besoin.

En effet, la proximité des lieux est un atout considérable qui permet aux professionnels et au public d’aller rapidement d’une salle à une autre pour assister à diverses conférences ou découvrir différents artistes dans une même soirée.

Depuis deux ans, tout en gardant notre base dans le 18ème, nous avons investi peu à peu des lieux du 9ème, l’axe central de MaMA étant aujourd’hui le boulevard avec des extensions sur les deux arrondissements.

L’édition 2013 a marqué une hausse de fréquentation professionnels / public. Les voyants sont-ils au vert cette année pour continuer dans cette lancée ?

F. L.-M. : Depuis la première édition parisienne de MaMA (2010), chaque année a été marquée par une fréquentation en hausse. Nous sommes passés de 1950 professionnels accrédités en 2010 à 3800 (représentant 61 pays) l’an dernier. La progression est constante, mais elle n’est jamais garante pour l’année suivante. Nous espérons évidemment que cette hausse se confirme, mais là n’est pas le but essentiel de MaMA, il ne s’agit pas d’accueillir plus de monde chaque année, mais de comprendre où se situent nos limites et quel est le nombre maximum de professionnels que nous pouvons accueillir sans dénaturer notre événement et sans en altérer son côté ludique.

On a la sensation qu’au fil des années, la programmation du MaMA fait de plus en plus la part belle à des artistes étiquetés « indé »…

F. L.-M. : Je ne sais pas si MaMA fait la part belle à des artistes étiquetés « indé », mais ce qui est incontestable c’est que MaMA accueille de plus en plus d’artistes en développement, de nouveaux projets. L’une des missions de MaMA est de soutenir l’exportation des artistes français et de leur offrir une visibilité internationale à travers la présence de nombreux professionnels étrangers. Ces derniers sont très intéressés par le marché français, par nos créateurs, et souvent à la recherche de nouveauté, d’artistes qui n’ont pas, ou peu, été exposés à l’international. Toutes ces raisons influencent naturellement la programmation de MaMA.


Quels seront, selon vous, les noms à suivre tout particulièrement cette année ?

F. L.-M. : Il est très délicat de répondre à cette question, nous suivons particulièrement tous les artistes programmés à MaMA. Il y en aura une centaine cette année sur les 1800 propositions, françaises et internationales, que nous avons reçues. Pour n’en citer que quelques-uns dans des genres très différents, je dirais Chassol, Rocky, Karol Conka, Ester Rada, Pigeon John, Rivière Noire …

Octobre 2015, XVIIIe arrondissement. Septième édition du MaMa ?

F. L.-M. : Surprise …

La programmation complète du MaMA 2014 est à retrouver ici.

Visuel : (c) affiche du MaMA Event 2014

Infos pratiques

Galerie Popy Arvani
Le Triton
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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