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[Interview] « Le Disquaire Day : une grande opération de comm’ pour Balades Sonores et pour tous les disquaires »

[Interview] « Le Disquaire Day : une grande opération de comm’ pour Balades Sonores et pour tous les disquaires »

18 avril 2014 | PAR Bastien Stisi

Le Disquaire Day, inspiré de son homologue étasunien, célèbre ce samedi 19 avril et pour la quatrième année consécutive les disquaires indépendants, en proposant aux monomaniaques du vinyle une sélection de disques spécialement édités (ou réédités) pour l’occasion. Au sous-sol de la Fabrique Balades Sonores, bastion du très indé et très polyvalent projet Balades Sonores, Toma Changeur revient avec nous sur les dix années d’existence d’une marque qu’il a lui-même fondée et qui s’apprête à accueillir le plus gros arrivage de collectionneurs de disques de l’année…

Balades Sonores vient de fêter ses dix ans d’existence, mais n’a évidemment pas toujours eu la structure qu’on lui connaît aujourd’hui…

Toma Changeur : Balades Sonores s’est d’abord appelé les Boutiques Sonores, un projet alternatif lié à une agence de communication dont le métier était le street marketing et pour laquelle j’étais salarié. Nous avions installé des bornes d’écoute avec des écrans tactiles dans différents lieux parisiens, qui proposaient aux gens une sélection musicale mettant en avant des artistes et des disques indépendants, principalement français. Au bout de deux ou trois ans, on a commencé à organiser des showcases et des concerts (au Divan du Monde, à La Loge et à L’International) afin de donner à ces artistes une visibilité supplémentaire.

Le développement du côté label du projet date-t-il aussi de cette époque ?

T. C. : La création du label date de 2009. On a cofinancé avec Sauvage Records la sortie du premier 45 tours de Mina Tindle. La création du label, qui s’appelait alors BS Records, est intervenue juste après. Au début, on a eu les yeux plus gros que le ventre : ambition de développer des artistes sur le long terme, de sortir l’intégralité de leurs albums…On est vite revenu de tout ça, et on assume désormais totalement le statut de passeur ou de tremplin pour les artistes.

Aujourd’hui, le Label Balades Sonores a deux types d’activité : soit on sort un disque tout seul et ça rentre dans le cadre de ce qu’on a appelé les « Vinyles en colocation » (deux artistes qui se partagent chacun une face du vinyle, comme c’est le cas par exemple pour La Féline et Chinese Army sur un disque qui sort spécialement pour le Disquaire Day), soit on fait de la « co sortie », comme c’était le cas pour Mina Tindle, en sortant un disque en collaboration avec un autre label.

À partir de quand les Boutiques Sonores sont-elles devenues Balades Sonores ?

T. C. : Lorsque l’on a décidé d’ouvrir il y a deux ans ce lieu qui nous sert aujourd’hui de vitrine, la Fabrique Balades Sonores (1, avenue de Trudaine, au milieu du triangle Barbès-Anvers-Cadet). On en a alors profité pour changer de nom en prenant quelque chose de plus chantant, et on l’a décliné à toutes nos activités : Le Label Balades Sonores, La Fabrique Balades Sonores, Les Concerts Balades Sonores, et aussi La Galerie Balades Sonores (2 rue Girandot, dans le IXe), une extension de la boutique qui permet à notre responsable de l’identité visuelle de la marque, Chicamancha, de disposer d’un espace d’exposition-vente de ses activités et de proposer une galerie d’art dans laquelle on expose certains artistes…

On organise aussi du 17 au 20 juillet la 4e édition du Bitter Sweet Paradise, un festival qui nous permet de valoriser les lieux et les groupes avec lesquels on travaille le reste de l’année et qui est très participatif, dans la mesure où les gens sont invités à donner la somme qu’ils veulent à l’entrée. On continue aussi le street marketing, de s’occuper de distributions de flyer et d’affiches pour tous nos clients et partenaires. Définitivement, on se veut une forme de plateforme polyvalente, une sorte de pieuvre à plusieurs branches capable de répondre à plusieurs besoins.

Que représente exactement le Disquaire Day pour une marque comme Balades Sonores ?

T. C. : Pour nous, disquaires, c’est une grande opération commerciale et de communication, un événement qui nous permet d’obtenir des références non disponibles chez les grands distributeurs type FNAC ou autres et spécialement édités pour l’occasion. Maintenant, tous les éditeurs ou les labels jouent le jeu de proposer des disques en édition limitée numérotée, que ce soit des classiques comme ACD ou Dylan ou des trucs beaucoup plus indés.

Chez Balades Sonores, on a pris la quasi intégralité de la sélection française et francophone des distributeurs avec qui on travaille le reste de l’année (La Baleine, Differ-Ant, Naïve…) ainsi que celle proposée par l’équipe du CALIF (Club Action des Labels Indépendants Français) qui gère la répartition des références du Disquaire Day, et qui comportera en tout plus de 300 disques différents, répartis à la fois dans la Fabrique Balades Sonores et dans la Galerie Balades Sonores. On a aussi fait un bel et massif import US pour pallier au risque de manque de références et pour proposer aussi des choses non disponibles en Europe.

On organise également un concert au square d’Anvers le 19, avec des groupes que l’on soutient : Chinese Army, La Féline, Cherry Boop & The Sound Makers, Hold Your Horses, Moziimo et Mr Crock.

La liste intégrale des références de ce Disquaire Day version 2004 est à retrouver juste ici, et celle de Balades Sonores par .

Visuel : © Disquaire Day

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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