Musique
[Interview] « Au Solidays, la mobilisation est le fait de tous »

[Interview] « Au Solidays, la mobilisation est le fait de tous »

07 mai 2014 | PAR Bastien Stisi

Du 27 au 29 juin prochain, le Solidays poursuivra sa lutte contre la maladie SIDA, brandissant pour la 16e année consécutive les armes de la mobilisation citoyenne et de la programmation musicale de très grande ampleur (Metronomy, Fauve, Gesaffelstein, Shaka Ponk, Franz Ferdinand, Skip the Use, Vitalic…) Hylda Gbenou, la programmatrice du festival, nous parle des objectifs d’une édition qui, comme un symbole, à choisi de dresser la figurer de Nelson Mandela comme égérie principale…


Cette année, c’est la figure de Nelson Mandela qui revient dans les campagnes de communication du festival. Est-ce là l’occasion de mettre en avant le fait que l’Afrique reste le continent le plus touché par la maladie SIDA ?

Hylda Gbenou : Installer Nelson Mandela « tout en haut de l’affiche » de Solidays 2014 n’est pas tant pour singulariser la situation de l’Afrique que pour rendre hommage à l’homme d’exception et au militant qu’il était. Son combat pour les droits humains, sa foi en l’humanité, dans le sens croire en ce que chacun a de meilleur, sont des valeurs partagées par les forces vives de Solidarité Sida et ce depuis plus de vingt ans. En ce qui concerne la lutte contre le SIDA, peu le savent, mais il s’est engagé dans ce combat dès la fin des années 90 et a perdu l’un de ses fils des suites de la maladie.

On retrouve cette année quelques noms déjà passés par la case Solidays les années précédentes (Danakil, Yodelice, La Rue Ketanou, M, Metronomy, La Femme). Comment expliquez -vous cette fidélité des artistes à l’égard du festival ?

H. G. : Plusieurs facteurs y contribuent. La cause du festival tout d’abord, à laquelle les artistes sont sensibles. Mais aussi l’accueil qui leur est fait… Au Village Artistes, les bénévoles assurent une ambiance chaleureuse et sensibilisent à la cause tous ceux qui souhaitent en savoir plus. Enfin les rencontres et échanges possibles avec des militants et des acteurs associatifs leur procurent un voyage dans la sphère solidaire inoubliable.

Du côté des organisateurs, comment parvient-on à faire en sorte que les festivaliers ne perdent pas de vue l’objectif premier du festival ?

H. G. : L’aspect « sens » du festival est décliné de différentes manières et incarné au travers d’un certain nombre d’espaces dédiés. Qu’il s’agisse des prises de paroles sur scène – de nos partenaires du Sud ou pour rendre hommage aux victimes du sida -, de la rencontre des militants et acteurs de la société civile sur le Village Associatif, des débats et tables rondes de notre Forum Café ou encore de l’expo Sex in the City pour parler plaisirs, sexe et prévention librement, les festivaliers ont la possibilité, pendant quelques instants ou de manière plus approfondie, de mobiliser leurs esprits solidaires et de saisir l’utilité de leur participation à cet événement.

En plus de très gros noms forcément mobilisateurs d’un public élargi (Vitalic, Franz Ferdinand, Stuck In The Sound, Gesaffelstein, Woodkid, Skip The Use…), le côté « découverte » de Solidays est également toujours d’actualité…

H. G. : Effectivement, car la mobilisation est le fait de tous et les têtes d’affiche n’ont pas le monopole d’une cause. Tous les artistes ont l’opportunité de s’impliquer dans la lutte lors du festival qu’ils soient des jeunes talents ou de renommée confirmée. Par ailleurs, la diversité des styles que nous recherchons nous donne accès à une palette plus large d’artistes. Enfin qui dit Solidays dit solidarité. Nous sommes conscients de la difficulté des jeunes groupes à percer et si le festival peut faire office de tremplin pour certains d’entre eux, le plaisir sera d’autant plus partagé.

Quels noms êtes-vous particulièrement fiére d’avoir pu programmer cette année ?

H. G. : Je ne suis pas fière d’avoir programmé un artiste plutôt qu’un autre. Tous contribuent à la diversité et à la qualité de la programmation. Découvertes, têtes d’affiche, fidèles du festival, etc. Par exemple, quand je pense à Shaka Ponk, j’éprouve une émotion toute particulière. De retour pour la 4e fois cette année, ils affichent la même envie et le même enthousiasme que lors de leur passage. Pour nous, cela atteste des véritables liens qui se sont tissés au fil des années.

« Solidays : The Fight Must Go On », c’est le nom de cette édition 2014 du festival. En tant que festivalier, comment peut-on concrètement continuer la lutte ?

H. G. : De différentes façons… Adopter un comportement sexuel responsable, si ce n’est déjà le cas, sensibiliser son entourage, c’est-à-dire se faire prescripteur d’une épidémie toujours d’actualité et donc de l’intérêt de se protéger, etc. Et puis s’engager, devenir bénévole, acteur de cette lutte au sein d’une association.

L’intégralité de la programmation du Solidays est à retrouver sur le site officiel du festival.

Visuel : (c) Amélie Laurin

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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