Musique
Iggy Pop enflamme le Nice Jazz Festival

Iggy Pop enflamme le Nice Jazz Festival

20 juillet 2022 | PAR Yaël Hirsch

En final de quatre jours de concerts jazz et pop et funk, place Masséna, le Rock’n roll était à son apogée avec un inoxydable Iggy Pop qui nous a fait vivre l’un des concerts les plus magnétiques de notre vie, ce mardi 19 juillet, au Nice Jazz Festival. 

Chaleur et effervescence sont les deux maître mots sur la place Masséna aménagée avec brio pour contenir deux scènes, 5 concerts et des milliers de festivaliers qui peuvent s’asseoir sous les arbres, se nourrir de bonnes choses et également – la canicule l’impose plus que jamais – boire beaucoup d’eau.  Nous sommes mardi 19 juillet, c’est le dernier jour de cette édition 2022 du Nice Jazz Festival et l’on n’attend pas moins que l’immense Iggy Pop. 

Une première moitié de soirée jazz, funk et pointue

Du côté du théâtre de verdure, la soirée commence un peu avant 20 heures avec la voix douce et le bleu délicat de la tenue de la jeune Samara Joy. L’ambiance est jazzy, classique, intemporelle, simplement parfaite pour se laisser glisser dans une nuit de musique. Un peu de Soca, un peu de vin frais et il est l’heure de se rentre à la grande scène pour Cimafunk . Tandis que la nuit tombait, Michel Portal et ses musiciens partageaient avec générosité et exigence devant un public assis et conquis leur projet « MP85 », l’album des 85 ans où l’artiste se renouvelle, immensément. Nouvelle traversée de la zone du festival et la fosse était déjà pleine pour accueillir l’énergie merveilleuse et quasiment « rafraîchissante » de Marcus Miller du côté de la grande scène. 

Inoxydable et extraordinaire Iggy Pop

A 23h, notre joyeux zigzag entre les deux scènes s’arrête. Nous nous mettons en pole position au milieu de la fosse pour accueillir l’Iguane. Sébastien Vidal, le directeur du festival, annonce ce concert exceptionnel et en profite pour remercier ses équipes ce dernier soir de festival. L’attention monte, et la lumière vient avant le son. Le Vjing est subtil et beau, les lumières sont variées et rock et tout commence par un air de guitare travaillée comme un violon électrique à l’archet par l’une des deux guitaristes du groupe d’Iggy Pop. Il y a comme un faux air de symphonie dans ce début obscur et mélancolique mais assez rapidement le chanteur bondit littéralement sur scène, pantalon et veste noire sans chemise. Les cheveux sont blonds et lisses, la barbe de trois jours et le visage buriné avec un regard perçant, inoxydable.

La voix n’a pas changé. A 75 ans, Iggy Pop crève la scène, l’écran et tous les films qui pourraient séparer les générations. D’abord hypnotisé par l’apparition qu’il a appelée à grands cris, le public se met tout de suite en mouvement quand il chante l’amour. L’Iguane est élégant, il remercie le festival, il rend hommage à Marcus Miller qui l’a précédé, mais Iggy Pop est aussi rock : il jette vite sa veste pour vivre le concert torse nu, il jure comme il faut pour dire aussi merci, met son micro dans son pantalon et crache une partie de l’eau qu’il boit. Il est libre, libre, libre, quand il demande aux bras de se lever, comme quand il se jette à genoux et quand il envoie des baisers vers la foule. Ses déplacements sont magnétiques et le micro le suit, donnant mille nuances à sa voix sur les variations de rythmes diablement efficaces de ses sept musiciens.

Un moment mythique de pur rock’n roll

Ne nous y trompons pas : si les solos de trompettes créent une cousinade, nous sommes bien à un concert de rock et même un concert d’une légende du rock, qui ne boude pas son plaisir de partager avec nous très rapidement ses tubes.  Chanter « Lust for life » qui n’a pas pris une ride ou entendre en live « The Passenger » suscite à la fois une intense émotion et une énergie dingue. L’on monte tous à bord du « Death Car » qui continue de rouler mieux que jamais. Et si Iggy Pop s’assoit, ce n’est que pour un seul titre, qui, à 50 ans, semble plus âgé que lui et revendique une rupture : « I am sick of you » et le chanteur est bien loin de quitter la scène après cela, encore deux titres dont « I wanna be your dog » qui a absolument fait perdre la tête au public et trois bis, après avoir présenté chacun de ses 7 musiciens. 

Quand le silence et une certaine obscurité retombent sur la place Masséna, la foule est assez rapidement encouragée à se disperser mais chacun et chacune marche sur un petit nuage. 

visuels (c) YH

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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