Musique

Ibrahim Maalouf ne jouera pas au Winter Jazz Fest de New York, faute de Visa [Exclu Interview]

Ibrahim Maalouf ne jouera pas au Winter Jazz Fest de New York, faute de Visa [Exclu Interview]

11 janvier 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le trompettiste Ibrahim Maalouf est actuellement en tournée pour défendre son magnifique album Wind au son très … new-yorkais. Si l’artiste a l’habitude de se rendre fréquemment aux USA, cette fois ci, l’affaire s’avère compliquée, les autorités américaines refusant de lui délivrer un visa de travail. Un visa «P», temporaire, alloué à une mission précise. Le musicien, choqué, a accepté de répondre à nos questions.

Vous devriez être actuellement aux Etats Unis ?

J’étais censé ce soir faire un concert à Los Angeles, et avant-hier à New-York qui ont été annulés parce que je n’ai pas obtenu mon visa. Comme toujours, l’ambassade ne donne pas de réponse, refuse des faire des commentaires, ils ne disent pas pourquoi ils ne l’ont pas donné à temps, ce qui leur permet de me délivrer quand ça les arrange. S’ils refusent ouvertement, il faudrait qu’ils s’expliquent

Pour le moment vous n’avez aucune explication ?

Non. C’est le bureau français de la culture à Los Angeles en collaboration avec le bureau culturel français de l’ambassade de France de New York qui ont fait officiellement la demande. Ils ont des interlocuteurs à l’ambassade des USA en France, et ces interlocuteurs, privilégiés, qui sont ceux qui décident, disent qu’ils ne connaissent pas les raisons qui interviennent au blocage de mon dossier. Pour des raisons qu’ils ne connaissent pas, mon dossier a été bloqué.

Pensez-vous qu’il s’agit d’un refus diplomatique ou raciste ?

Je refuse d’imaginer des choses liées à mon nom. J’ai pleinement conscience que pour des raisons de sécurité, ils doivent vérifier les antécédents de quelqu’un s’appelant Ibrahim, né au Liban. J’imagine que pour une administration qui essaie de faire de la sécurité une de ses priorités de vérifier. Là où cela n’a pas de sens, c’est que j’ai déjà eu des visas de travail, obtenus à chaque fois même en dernière minute. Cela veut dire qu’ils ont des dossiers chez eux, ils connaissent mon travail. Il y a une vraie volonté de me bloquer, ce n’est pas lié à mon nom, sinon je n’aurai jamais eu de visas.

Il y a-t-il d’autres artistes concernés ?

Aller travailler aux Etats Unis est très difficile. Les musiciens ont des empêchements lourds, alors que pour les artistes américains viennent travailler en France c’est plus simple. Il y a une vraie inégalité dans cet échange-là. Les Etats Unis mettent énormément de bâtons dans nos roues. La France ouvre les portes aux artistes américains avec beaucoup moins de restrictions. Quand je suis aux Etats Unis je paie mes musiciens américains. Il y a là une injustice qui m’exaspère.

Visuel : (c) Laurent Mignaux

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]