Musique

Ibrahim Maalouf et Oxmo Puccino revisitent Alice au pays des merveilles

Ibrahim Maalouf et Oxmo Puccino revisitent Alice au pays des merveilles

13 octobre 2011 | PAR Vincent Brunelin

Commande du Festival d’Île de France, cette adaptation inédite du livre de Lewis Caroll était proposée ce samedi dans le très joli cadre de l’Académie Fratellini à Saint-Denis. Porté par les magnifiques arrangements musicaux d’Ibrahim Maalouf et le phrasé unique d’Oxmo Puccino, le spectacle a réussi le pari d’associer des artistes professionnels et amateurs pour une création exaltante et poétique.

Un opéra moderne et multiculturel sous un chapiteau habituellement dédié aux arts du cirque. Ce projet de grande envergure mené par le trompettiste et compositeur franco-libanais réunissait, outre sa formation scénique attitrée, une vingtaine de musiciens étudiants du Conservatoire d’Aubervilliers – La Courneuve (dont certains sont d’ailleurs ses élèves), sept chœurs amateurs d’Île de France (soit près de 200 chanteurs) sous la direction vocale d’Agnès Bioulès ainsi que cinq apprentis-artistes en formation à l’Académie Fratellini. Sans oublier le rappeur Oxmo Puccino, narrateur de cette histoire fascinante et délicieusement décalée.

Ibrahim Maalouf choisit de conserver la chronologie du roman et livre les douze pièces musicales de ce voyage merveilleux, tandis que le Black Popeye revisite le conte en autant de chansons avec l’humour et la poésie qu’on lui connaît. Débordant d’énergie, le trompettiste donne de sa personne. Entre deux mélopées envoûtantes, il dirige tout ce petit monde à travers un périple tantôt sombre et inquiétant, tantôt incandescent et exalté.

Fidèle à l’esprit qui anime ses disques, il orchestre un mélange jubilatoire de sonorités classiques, jazz, rock et orientales, soutenu par la puissance des chœurs et les figures gracieuses des acrobates. De rencontre en rencontre, on navigue dans ce monde imaginaire, déraisonnable et insensé, ce songe éveillé où se croisent pêle-mêle le Lapin Blanc, le chat du Cheshire, la Reine de coeur ou encore la Simili-Tortue. Et on se laisse embarquer dans ce spectacle virtuose, original et accessible à la fois, furieusement moderne et d’une rare générosité.

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