Musique
From Sonia to Nina, hurlement de la beauté aux Bouffes du Nord

From Sonia to Nina, hurlement de la beauté aux Bouffes du Nord

30 septembre 2014 | PAR Bérénice Clerc

Sonia Wieder-Atherton hurle la beauté du monde, la force de la joie et la puissance de la vie sur son violoncelle épris de Nina Simone. Laure Kraif aux percussions multiples et Bruno Fontaine au piano démultiplié forment un trio avec Sonia Wieder-Artherton et bouleversent les spectateurs des Bouffes du Nord.

La mousson matinale a cessé, l’air est frais, les parisiens se croisent, les mines sont un peu tristes peut-être. Les Bouffes du Nord ouvrent leurs portes magiques, le festival d’île de France y accueille la dernière création de Sonia Wieder-Atherton from Nina Simone avec Bruno Fontaine et Laurent Kraif dont nous vous parlions ici.

L’espace superbe des Bouffes du Nord, rouge, vide, trois chaises, un pupitre, des objets, des sièges gorgés de spectateurs et même des coussins en sus. Sonia Wieder-Atherton et son violoncelle s’installent au centre, Bruno Fontaine à cour et Laurent Kraif à jardin au milieu d’une installation d’objets. Les sons arrivent, affleurent, comme tirés du sol, une montée en puissance invisible mais sensible dès le premier morceau.

Sonia Wieder-Atherton égrène l’humanité de ses notes, la mélodie naît, se fond dans le piano, rythme les percussions d’un coup d’archet, elle suspend le monde et emporte les spectateurs dans l’univers de Nina Simone et de la musique entière.

Nina Simone est là dans chaque chanson, comme si son âme, son esprit flottaient dans les Bouffes du Nord, tapis dans un des murs, au creux des ombres des lumières magnifiques de Franck Thevenon, au bout d’un son, dans la poussière de colophane…

Chaque morceau se colore différemment, la voix du violoncelle et l’énergie surhumaine de Sonia Wieder-Atherton se métamorphosent au contact du piano, les percussions modifient la matière, le souffle circule. Les mélodies de Nina Simone nous reviennent, elles apparaissent autrement, comme un souvenir lointain, une ritournelle enfantine.

Nina Simone croise Brahms, Bach, Rachmaninoff, l’histoire du concert s’écrit avec une immédiateté et un don de soi indescriptible. Sonia Wieder-Atherton semble jouer sa vie, elle offre son corps à la musique, au moment, elle apparaît parfois dédoublée, multiple, la rapidité d’exécution semble impossible.

L’archet, le corps, la main, le bras, le violoncelle, les percussions, le piano, la mélodie, la brisure, la beauté, qui est qui, les spectateurs ne distinguent plus le réel ils sont emportés dans la musique, les applaudissements et bravos réguliers en témoignent.

Difficile de mettre des mots sur une telle prouesse, lister les chansons n’aurait pas de sens, il faut les vivre. Les yeux, les oreilles, le fond du corps et du cœur furent soulevés l’espace d’un espoir surhumain en la vie, un hurlement de beauté, une extase musicale et sensuelle.

Si Sonia Wieder-Atherton croise votre route n’hésitez pas, courez l’entendre !

Visuels : (c) : BC

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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