Musique
From Klezmer to Mali : Nouveau Casino le 26 mars Total mandingue et méchouga !

From Klezmer to Mali : Nouveau Casino le 26 mars Total mandingue et méchouga !

16 mars 2011 | PAR Pascal

Première partie : des hommes de bonne volonté

Que du Monde beau et du beau Monde. Avec un M majeur s’il vous plait quand il s’agit de la world music. D’un côté, Anakronic elektro orkestra , la tradition musicale des juifs ashkénazes d’Europe centrale, sa progression moderne électro et boucles dub sous contrôle de Mikael Charry, notre Socalled français, l’accordéon, la basse, la batterie et la clarinette particulière qui chahute les aigus du Shofar (corne de bélier, instrument rituel) au début du nouvel an juif et pour conclure le Grand Pardon. De l’autre, le band Mandébossa, Christina Violle, Amy D, Mohamed Diabbi et les sonorités maliennes mandingues traditionnelles de la Kora, du balafon et du N’goni sur fond chaloupé de voix brésilienne et de rythmes afro-cubains. Deux univers traditionnels persistants, permanents, venus des villages, des mariages, des fêtes, des rituels de joie, partageront la scène du nouveau casino le 26 mars. Pas plus un évènement sporadique qu’une histoire de happening symbolique et solidaire ! Non. Mais, bien plus qu’une performance, nous sommes dans une histoire de métissage musical, unique, espéré. Rencontre des fils de la Torah et de la Kora. Total mandingue et méchouga (fou en yidish) !

L’idée nait d’une rencontre, celle d’Olivier Kaba, patron du label Metis records et du célébrissime studio d’enregistrement Bogolan à Bamako avec l’homme de la renaissance et de la modernisation de la tradition klezmer Claude Szwimmer, fondateur avec Bruno Nahon (Zadig productions) du label Jumu, le judaïc music concept, sur le modèle des new-yorkais de Jdubrecords. Ils sortiront en 2007 la première compilation de la diaspora juive mondiale à laquelle rêvait Claude Szwimmer depuis le début de ce vingt et unième siècle.

L’idée nait d’un coup de cœur et d’une commune volonté. L’un cherchait à organiser et administrer efficacement son nouveau label africain, l’autre s’occupait de gérer des sociétés de productions artistiques, musicales et cinématographiques et directrices de label.

Olivier Kaba : « Fin 2007, j’arrive à Paris. Dans mes malles, cinq ans de travail avec les artistes maliens. Je veux monter mon label. J’ai un projet de métissage musical. Métissage musical, car quand tu es à Bamako tu peux inviter tout le monde. Claude, de par ses connaissances et son amour de la musique a mis du sens dans ma boîte. »

Bamako, Mali, pays de la culture des conteurs griots, millénaire qui a vu naître et croître les Keïta, Ali Farka Touré, double grammy awards, Haboub koité, Mama Sissoko, Tourmani Diabaté et bien entendu Amadou et Mariam Bagayogo. Mali, pays de la Kora, du n’goni (guitare en peau de chèvre), du balafon. Mali, berceau de la musique world avec son Eden musical, le studio Bogolan en plein cœur du quartier de Quinzanbougou depuis 1999. Y sont passés, la grande Björk, Damon Albarn (Blur, Gorillaz), Dee-Dee Bridgewater, Keziah Jones. Pour ces artistes comme pour beaucoup d’autres, maliens ou étrangers, Bogolan, référence de la musique mandingue, représente une porte d’entrée naturelle sur la fertile agitation musicale de Bamako et par extension du Mali et d’Afrique de l’Ouest.

Klezmer, mouvement musical lié à la culture yiddish depuis le XVème siècle. Klezmer, musique populaire, musique des villages, des ghettos, des fêtes, musique joyeuse de l’Europe centrale, dont les instruments en cuivre étaient bannis pour des raisons politiques des états dominants, réservant le privilège de ceux-ci aux chrétiens. Klezmer, musique du vent tinté du timbre religieux du Shofar émanant de cette clarinette particulière – à qui souvent on donne le nom de klezmer par erreur, il n’est qu’un adjectif et signifie lui-même instrument- , de l’accordéon, de la flûte et des petites cymbales et tambour, faciles à emporter, pour mieux fuir mon enfant, avec sa culture sous le bras. Puis les cuivres new-yorkais des premiers immigrés du XIXème siècle découvrant le jazz et maintenant cette culture musicale depuis la seconde guerre mondiale et la disparition massive de la diaspora des juifs européens durant la seconde guerre mondiale.

Claude : « Depuis Rabi Jacob, je cherchais des mecs qui avaient rajeuni la musique juive. Fin octobre 2003, le choc ! Je tombe sur le groupe Oi Va voi, anglais, Londoniens. Fondateurs Sophie Solomon, Steeve Levy, Lemez Lovas (trompettiste). Sophie était à l’époque djette punk et classique. Enfin, le patron de Piranha produit le premier album « Hip hop Hassene » avec Sophie Solomon, un Trip hop magistral. Le choc. Je commençais à tirer et tenir le fil. »

Retour sur Paris. L’idée d’un premier double plateau, éclectique s’impose : Mandébossa et Golem (NYC Klezmer). Claude a un coup de cœur pour les instruments traditionnels maliens, Olivier découvre la clarinette, l’accordéon et la clarinette. Sur la scène, aucun bœuf, pas de partage, si ce n’est celle de l’affiche. Dans la salle il en est autrement. Mélange des communautés et double danse.

A suivre…

Pascal Szulc

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