Musique

FOCUS HELLFEST : les vieux de la vieille au rendez-vous

13 mai 2010 | PAR Mikaël Faujour

Précédé d’un grotesque tapage politique qui a retenti jusque dans l’Assemblée nationale, le festival metal Hellfest aura bel et bien lieu. Parmi les têtes d’affiche, seront présents quelques-uns des plus grands noms de l’histoire du metal. De Kiss à Slayer en passant par Motörhead ou Alice Cooper, ces groupes apparus dans les années 70 et 80 représenteront la vieille garde et montreront qu’elle n’a en rien perdu de sa férocité.

À entendre l’arrière-garde politique (les chrétiens Christine Boutin et Philippe de Villiers) dénoncer un « festival satanique », on a pu s’étonner d’entendre singer le pire du conservatisme religieux étasunien de l’époque reaganienne et du Parents Music Resource Center. Mais la voix minoritaire de ces conservateurs n’a pas fait grand bruit… et a surtout rencontré l’incrédulité et le rire des parlementaires, et l’indifférence du ministre Frédéric Mitterrand…

Festival dont peut s’enorgueillir la France, le Hellfest a su, dès sa première édition en 2006, attirer la crème de la scène internationale du metal, proposant des programmes proprement hallucinants chaque été. La cinquième édition, qui se tiendra du 18 au 20 juin prochains, attirera encore cette année une affiche impressionnante que bien des festivals peuvent envier au Hellfest. Et il y en aura pour toutes les générations de metalheads.

Parmi les têtes d’affiche, on retrouvera les immarcescibles Kiss, dont le premier album éponyme remonte à… 1974 ! La bande à Gene Simmons et Paul Stanley, dont le heavy metal classique et le goût du shock-rock a inspiré tant de groupes (de Twisted Sister à Marilyn Manson, de Venom ou Mercyful Fate à Gwar…) et dont la discographie est au point mort depuis des années, saura capitaliser sur son répertoire classique.

L’increvable Lemmy à la voix de rogomme (65 ans) et son pétaradant Motörhead sauront tenir la dragée aux groupes les plus jeunes avec un répertoire et une présence scénique d’une égale férocité, jamais entamée vraiment par les décennies. Pour rappel, Lemmy, figure pustuleuse et moustachue du metal (et du cinéma déviant) est présent dans le business depuis la fin des années 60, notamment avec Sam Gopal, mais surtout les plus capitaux Hawkwind. Pour rappel, Motörhead est probablement le chaînon du metal sans lequel Metallica, Slayer, Megadeth, Venom n’auraient jamais écrit la même musique, qui a conduit à l’émergence du death metal… C’est dire l’importance historique de ce groupe dont la réputation scénique n’est même plus à rappeler.

Dans un registre shock-rock qui rejoint clairement Kiss, Alice Cooper est à la fois le descendant du très théâtral bluesman Screamin’ Jay Hawkins et le père spirituel de Marilyn Manson ou Rob Zombie. Si pour lui comme pour Kiss, les grandes années et les meilleurs albums sont maintenant lointains, il demeure une valeur scénique sûre, et le tenant d’un rock théâtral à l’américaine.

Au rayon des vieux de la vieille, Saxon, issus – comme Motörhead, Judas Priest ou Iron Maiden – de la nouvelle vague du heavy metal britannique, seront de la partie. Si le groupe est aujourd’hui moins connu que Judas Priest ou Iron Maiden, il reste l’auteur et le défenseur d’un heavy metal old school d’excellente tenue.

Rejetons putatifs des New York Dolls et d’Alice Cooper et tenants d’un glam metal au goût… euh… douteux, Twisted Sister fut l’un des groupes phares du hair metal des années 80, au côté de Poison, WASP ou Mötley Crüe.

Au rayon des parrains du metal amphétaminé et rejetons de Motörhead, les Californiens de Slayer et d’Exodus, groupes phares de la scène speed metal de San Francisco des années 80. Bien sûr, la bande à Tom Araya a connu un succès plus constant que les seconds depuis le mitan des années 80 et son impérissable chef d’œuvre Reign in Blood (1986), sommet quasi inégalé dans le metal US radical. Pour autant, Exodus, un quart de siècle après son Bonded by Blood (1984) qui lança le thrash/speed metal avec le premier Metallica, n’en est pas pour autant un groupe à jeter à la poubelle. Il devrait le démontrer assez nettement.



Sepultura
, dont il ne reste du line-up classique que le bassiste Paulo Jr. et le lead guitariste Andreas Kisser, est un cas un peu différent. Groupe phare du metal 80s et surtout 90s (Arise, Chaos A.D. et Roots), Sepultura a su se conserver un public même après le départ de son leader Max Cavalera en 1996… suivi dix ans plus tard par son frère, la légende Igor Cavalera. De fait, sans atteindre le brio de l’âge d’or du groupe (1991-1996), le quatuor mené par le géant américain Derrick Green n’aura pas à rougir de la comparaison avec les colosses avec lesquels il partage l’affiche.

Tous les renseignements sur le site officiel du festival

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Mikaël Faujour

One thought on “FOCUS HELLFEST : les vieux de la vieille au rendez-vous”

Commentaire(s)

  • En tant que Metalleux depuis hum 1973/1974 acnein d’e9missions de radio et de Hard Force Mag, il est des hommes politiques qui marquent, et non pour les raisons que l’on pense ! Patrick, je me permets de l’appeler ainsi, e9tait un homme comme e7e0, comme nous. Outre le fait de de9fendre le me9tal, rappelons quand meame que c’est le 1er e0 faire e7e0 !!! J’aimais ses qualite9s d’homme, et lui il en AVAIT !!!! On ne t’oubliera pas Patrick !!! Jam bien le0-haut, on se verra un jour c’est sfbr J’aurai aime9 parler avec lui, simplement Echanger, partager, ce ne sera pas possible Les metalleux vont montrer e0 la france, au monde de la musique, que NOUS, nous avons un coeur !!Merci pour lui

    décembre 15, 2012 at 11 h 42 min

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