Musique
Festival Entre-deux-Rives : Boris Baraz et Elena Rozanova enchantent à nouveau la salle Cortot (20/04/2013)

Festival Entre-deux-Rives : Boris Baraz et Elena Rozanova enchantent à nouveau la salle Cortot (20/04/2013)

21 avril 2013 | PAR Yaël Hirsch

 

 

Samedi 20 avril avait lieu le 4ème volet du fabuleux festival Entre-deux-Rives. Avec les mêmes interprètes que le concert du mois de mars, et dans le même cocon art déco de la salle Cortot, ces deux heures de magie par violon et piano ont ravi une audience intensément concentrée dans un programme romantique : Schumann, Chopin et Grieg.

Le violoncelliste Boris Baraz, super soliste de nombreux grands orchestres européens dont « Orchestre Philarmonia » et la pianiste Elena Rozanova, lauréate  notamment du prestigieux concours de musique de chambre de Melbourne avec son Rachmaninov Piano Trio,sont entrés en scène pour entamer avec une douceur infinie une fantaisie de Schumann plongeant le public dans une ambiance à la fois nocturne et méditative. Semblant protéger les sons feutrés de son violon de ses larges épaules Vladimir Baraz commence comme seul de son côté dans une lente suspension du temps avant d’enter en dialogue avec le toucher de plus en plus énergique de Elena Rozanova pour culminer en fin de morceau dans un éveil d’énergie où l’émotion semble dépasser les modulations de la raison.

Si le morceau de Schumann était un flux continu et crescendo du musique rêveuse, la Sonate pour violoncelle et piano Op. 65, un cri semble monter. Débutant sur le mode de la plainte, le violoncelle de Boris Baraz monte en puissance sonore, tandis qu’Elena Rozanova attaque ses touches avec une force multipliée. Le duo marque volontiers les césures, comme si le silence était le signe d’une trop grande violence d’émotions. On quitte le royaume de la nuit suggéré avec Schumann pour entrer dans une grande demie-heure de romantisme brut parfaitement sculpté par les deux grands solistes.

Après une petite pause, toujours dans une veine romantique, Boris Baraz attaque avec une subtilité et une maestria bouleversantes la Sonate pour violoncelle et piano, Opus 65. d’entrée de jeu, on tangue presque aux mouvements de l’archet. Happé par la tension extrême que dégage la puissance et la douceur conjuguées du violoncelliste au sommet de son art, le public n,’ose même plus applaudir entre les mouvements. Il retient son souffle et suit chaque note comme un guide dans un voyage qui suspend le temps.

En bis, Boris Baraz et Eleena Rozanova offrent, non annoncée, une autre perle du romantisme dans laquelle nous croyons avoir reconnu la Bachianas Brasileiras de Heitor Villa-Lobos et qui a fini de nous émouvoir aux larmes.

Sortis à la fois transportés et recentrés sur ses propres émotions de ce moment de grâce, nous retrouvons avec gratitude l’air frais d’un soir d’avril parisien où le romantisme est encore bien vivant.

entre2rivesLe prochain rendez-vous du Festival Entre-deux-Rives de Bast Production  a lieu le 4 mai, rive gauche, dans la somptueuse Salle Adyar avec un programme des duos et un trio Mozart / Beethoven, interprétés par Luc HÉRY (violon), Sabine TOUTAIN (alto) et toujours au violoncelle le merveilleux Boris BARAZ. Pour entendre Boris BARAZ dans la Sonate pour violoncelle et piano de Debussy, regardez la vidéo ci-dessous.

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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