Musique

Feist et son somptueux album de Metal

Feist et son somptueux album de Metal

09 octobre 2011 | PAR Johanna Galis

Metals, le nouvel album de Feist, est enfin sorti. Suite à une grande publicité faite de teasers musicaux aux teintes inattendues, où l’on voit Leslie Feist concentrée sur la rythmique d’un ensemble de violons qui suit les savantes mains de Gonzales, le disque a enfin été exposé au grand jour.

Enregistré entre Vancouver et Big Sur, dans un endroit tenu secret, Metals est riche de collaborations: Chilly Gonzales et Mocky sont à nouveau présents, tandis que Valgeir Sigurosson, collaborateur notamment de Bjork, Kate Nash et Camille ajoutent une belle diversité musicale à l’album.
La voix limpide de Feist, qui se gonfle de hauteurs inattendues comme de ruptures de souffle qui tiennent en haleine, invoque un retour aux sources. La chanson d’ouverture The Bad in Each Other marque un désir de se démarquer de ses précédents albums: la richesse des moyens mis en œuvre pour Metals est époustouflante. Une alliance de riffs de guitare à la mélodie rappelant un folklore ancien, venu des terres profondes, rentre en contact avec une rythmique grave mais aussi légère comme des pieds qui frappent à terre, ou un claquement de mains. La nature est très présente et Feist nous rappelle des thèmes essentiels à sa création: elle incante le ciel, le vent, la terre, l’eau, ces éléments qui marquent, de manière imagée, une volonté d’un retour aux origines. Son message est clair: elle incite l’homme à s’exprimer à partir d’une nature riche de sens (Graveyard, Caught a Long Wind). Les métaphores se multiplient pour exprimer un désir de persévérance animal, végétal, en somme bien terrestre, au dessus d’un mauvais temps « Where will you go?/Keep yourself afloat/Be the bird, be the key ».

Feist, comme l’annonce la chanson Gatekeeper de l’album Let It Die, qui l’a propulsée sur le devant de la scène il y a maintenant sept ans, joue d’images vierges pour apporter un enseignement à l’homme. Le résultat est troublant de beauté: à côté d’autres disques contemporains au rock éléctrique, agités de rebéllion et de provocations, les mots de Feist volent avec évidence et nous transportent dans un univers plus simple, plus profond. Sa voix apparaît comme cet oiseau marin au-dessus d’une mer agitée. Metals crée une rupture définitive avec ses précédents albums: les moyens instrumentaux mis en oeuvre ici sont beaucoup plus conséquents qu’avec Let It Die (2004) et The Reminder (2007) tandis que le sens général du disque a une portée plus large, moins concentrée sur le singulier mais plus sur la narration de symboles. Feist mûrit, elle opère ici une radieuse mue, qui la propulse sur la scène des grands artistes aux messages universels et à la musique généreuse.

Feist, « Metals », Polydor, 13 euros. Sortie le 3 octobre 2011.

Live Report: La Journée JIMI du Festi’Val de Marne le 8/10/2011
Au Musée Maillol, l’art de vivre pompéien défie le temps
Johanna Galis

2 thoughts on “Feist et son somptueux album de Metal”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *