Danse
« Recovering » de Linda Hayford, l’ode à la métamorphose

« Recovering » de Linda Hayford, l’ode à la métamorphose

02 avril 2022 | PAR Lison Rabot

Pour sa 5ème édition, le festival pluridisciplinaire 100% vous convie au cœur de la Villette pendant tout le mois d’avril. Divisé en deux sections, l’une dédiée aux expositions et l’autre aux spectacles, ce sont plus d’une centaine d’artistes d’ici et d’ailleurs présents au rendez-vous, réunis pour offrir une dose d’énergie et d’aspiration aux spectateurs. La rédaction a pris place dans le vaisseau introspectif de Linda Hayford, pour une étude dansée du processus de guérison.

Immersion dans le shifting pop de Linda Hayford

Jusqu’au 2 avril, Linda Hayford présente sa nouvelle création Recovering, à 19h dans la salle Boris Vian de la Grande Halle à 19h. La danseuse accomplie,  a nourri une esthétique singulière par une multiplicité de styles inspirées du funk et d’un tissage de danses plurielles. C’est aujourd’hui en tant que chorégraphe qu’elle poursuit son exploration des langages corporels et des métamorphoses physiques provoquées par les émotions. Dans Recovering, c’est le processus de guérison après un traumatisme qu’elle tente de décortiquer.

La salle n’est pas encore éteinte qu’un fond sonore aux vibrations organiques tient déjà le public en haleine. Sur la scène, les trois danseurs sont inertes, figés au milieu des spots. La scène se retrouve brusquement plongée dans le noir comme frappée par la foudre. Des inspirations époumonées émanent du choc, amenant un premier corps à frétiller et s’essayer à différents mouvements. Des gestes pourtant simples se manifestent comme une lutte acharnée pour la première danseuse. Peu à peu, les trois corps s’animent, les squelettes se dérouillent mécaniquement tous selon une esthétique bien singulière, rappelant le langage artistique de Linda Hayford, le shifting pop. On comprend ici que chaque traumatisme nécessite un processus de guérison spécifique, rendu palpable grâce aux diverses manifestations corporelles des danseurs. Qu’ils soient tous victimes de leurs propres émotions ou les pièces éclatées d’un seul et même corps blessé, leurs mouvements tantôt fluides, tantôt saccadés conjurent la difficulté de leur rétablissement. Une ambiance sonore mystérieuse, quasi somatique, laisse émaner une énergie magnétique qui motivent les corps à renaitre. Et si le rythme, universel, se veut libérateur de leurs mouvements, ce n’est pas pour autant que les personnages l’exploitent de la même manière. Des résidus de flamenco, de hip hop, de gestes ressortissants de la danse contemporaine ou des arts martiaux, s’infusent lentement dans les corps avant qu’ils sombrent à nouveau dans le noir, comme pour rappeler qu’une heure de spectacle ne suffit pas pour retrouver son essence. Cette performance menée par un trio de danseurs épatants, se veut aussi éblouissante que troublante, comme souvent le demande les voyages intérieurs.

Recovering, 2022, Linda Hayford
La Villette vous invite à vivre 100% de sensations avec la Golden Stage
Festival WET sixième édition
Lison Rabot

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture