Electro
Loki Starfish vers l’album ?

Loki Starfish vers l’album ?

02 février 2014 | PAR Franck Jacquet


Le groupe a récemment défendu ses nouveaux morceaux sur la scène des Trois Baudets et a pour la première fois traversé la frontière, son dernier EP ayant été présenté en Espagne. En attendant l’album…


Loki Starfish – Broken Moth par LineSession

Dans le cadre de ses soirées du mercredi, les Trois Baudets proposaient en ce milieu du mois de janvier un programme éclectique, toujours consacré aux nouvelles têtes de la chanson françaises, dont le quintette Loki Starfish.
Baron Rouge et AV partageaient l’affiche. Ils succédaient donc à AV proposant une heure d’une pop sombre et délictueuse, à synthé omniprésent. Les textes un peu faiblards parfois, on entre pourtant rapidement dans un univers proche d’un Lescop, plus généralement de la cold wave, sans pourtant s’y enfermer et l’énergie du leader ne laisse pas le public froid.

Loki Starfish prend la suite avec près de trois quarts d’heure d’une pop électronique très référencée et aux influences marquées. Le public des Trois Baudets, peu porté sur l’électro – indie n’est pas nécessairement acquis a priori. Le groupe au nom énigmatique emporte cependant assez rapidement son monde grâce à un univers élaboré, très codé : costumes tant rétro que futuristes, masques au croisement de l’ethnique et du manga, voix se frayant et s’imposant par ses propres limites face aux instruments. Qu’en est-il de la musique donc ? A chaque morceau, la détermination du groupe fonctionne indubitablement et ne laisse pas de marbre. Les introductions, parfois « symphoniques », sont comme un sas de décompression. Puis le ton monte, soit de manière abrupte, soit plus doucement. On peut croire que l’ensemble est dansant – certains susurrent à la pause « commercial » – mais le groupe laisse toujours planer une certaine ambiguïté par des « faux plats » dans les refrains mêmes ou dans le rythme qu’ils imposent, comme s’ils cherchaient à casser leur propre mythologie. Car ce mot s’impose tant les références convoquées sont nombreuses. Instinctivement, on imagine dans un premier temps Woodkid, The Sounds mais le travail sur la polyphonie des instruments, la choralité sans cesse rappelée convie plus généralement à une pop très baroque. Chaque morceau propose un véritable exercice de style, une coloration propre et elle-même évolutive.

En attendant l’album complet qui pourra donner un aperçu plus clair de cette pop maniériste, Loki Starfish défend toujours le titre phare de son nouvel EP, Broken Moth, et de nouvelles dates sont attendues prochainement.

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Franck Jacquet
Diplômé de Sciences Po et de l'ESCP - Enseigne en classes préparatoires publiques et privées et en école de commerce - Chercheur en théorie politique et en histoire, esthétique, notamment sur les nationalismes - Publie dans des revues scientifiques ou grand public (On the Field...), rédactions en ligne (Le nouveau cénacle...) - Se demande ce qu'il y après la Recherche (du temps perdu...)

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