Electro
[Live Report] Weather Festival, puissance et diversité de la techno au Bois de Vincennes

[Live Report] Weather Festival, puissance et diversité de la techno au Bois de Vincennes

09 juin 2015 | PAR Enora Le Goff

Samedi soir avait lieu au bois de Vincennes la troisième et dernière soirée du Weather Festival, un régal de musique électronique pendant plus de dix heures !

Tout commence par un apéro géant près du Château de Vincennes, des centaines de festivaliers sirotent des bières au soleil, de nombreuses enceintes crachent déjà les playlist des artistes de la soirée ! L’entrée par le bois est toujours aussi plaisante, un flux incessant arrive, mais dans une bonne gestion de la masse. Fouler la plaine du pied à 21h c’est aussi découvrir un magnifique coucher de soleil et le set d’ Antigone (résident Concrète) et Abdullah Rashim, une véritable mise en jambe techno bien pulsée pour un début de soirée, la scène hiver reste fidèle à elle même!

Petit passage par la scène été pour aller écouter Robert Hood dont le set avait été parfait au Weather Winter, il est ici un peu décevant, hypnotisant certes, peut-être un peu trop même après la puissance d’Antigone juste avant… Retour donc à la violence de la scène hiver avec le live de Adventice, déchaînement de hardtechno avec les derniers rayons du soleil qui frôlent la plaine.

Rien de vaut ensuite la grande pause de deux heures au village Weather, énorme chapiteau avec une multitude de stands, barbe à papa gratuites, maquillages, photomatons, déguisements en tous genres, tentative de mixer aux platines… ambiance festive assurée!! On y retrouve aussi des stands de labels musicaux et d’organisations de soirées électro parisiennes, avec des personnes vraiment investies dans leur cause et passionnées, de nombreux bons plans et prochaines soirées déjà prévues! Mention spéciale à La Charcuterie Musicale, un blind test Cochonou, une ambiance survoltée, avec des airs de guinguette, des musiques allant du disco à la variété la plus française possible en passant par des musiques très peu conseillées pour les oreilles des enfants… une folie absurde!

De 2h à 4h30 retour à la réalité du festival, impossibilité de bouger de la scène hiver, Marcel Dettmann est aux platines pour un set survolté, près de trois heures de folie aux pieds du résident du Berghain. Tenir la durée devant une telle puissance est une véritable épreuve physique, même si les quelques baisses de régime du soundsystem permettent parfois de se reposer quelque peu le cerveau!

Cette édition du Weather proposait aussi une scène modulaire le samedi, création de musique électro/tech avec une immense machine pleine de câbles… incompréhension totale quant à son fonctionnement, mais le résultat est époustouflant! Une musique principalement constituée de basses (coucou les acouphènes), beaucoup plus lente que la moyenne des musiques électroniques, mais à la fois véritablement puissante! Fermer les yeux et écouter, c’est accéder à un monde sans temporalité, quitter la scène c’est se confronter à un monde beaucoup trop rapide… il nous faudra bien trente minutes pour se remettre dans le bain du festival! Une expérience musicale exceptionnelle devant ce live de Steevio & Suzybee!

Les deux dernières heures du festival se jouent entre RPR Soundsystem, Nina Kraviz qui fait enfin bouger la scène automne malgré toujours quelques problèmes de sons, et Collabs 3000 qui ne laissent pas une seule pause aux festivaliers pendant trois heures. Une nouvelle fois c’est bien à la scène hiver que l’ambiance est la plus mouvante, on est même impressionné de se voir sauter avec autant de force après 10h de festival!

C’est donc ainsi que s’achève la troisième édition du Weather Festival, une programmation de pointe, un public motivé, un lieu parfait! A noter aussi le superbe chill-out (hamac et plateformes pour s’allonger). Quelques petits défauts à noter, des problèmes de sons, notamment sur la scène automne qui n’envoie pas la puissance souhaitée, et aussi le prix des consommations, qui a certes baissé depuis l’année dernière, mais pour une bière à la limite du buvable… tant pis! Toujours est-il qu’avec un festival d’une telle envergure, Paris n’a plus rien à envier à des villes techno comme Berlin!

Visuels (c) : Enora Le Goff

[Interview] Peter Strickland : « C’est fascinant l’idée de contrôle quand on dirige des acteurs »
« La Peur » de Damien Odoul remporte le prix Jean Vigo
Enora Le Goff

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture