Electro
[Live report] Rone à l’Olympia : rêve party féérique

[Live report] Rone à l’Olympia : rêve party féérique

01 novembre 2013 | PAR Bastien Stisi

rone affichePoint culminant d’une longue tournée live débutée il y a une année, le dj franco-berlinois Rone défendait hier soir sur la mythique scène de l’Olympia les composantes de son second album Tohu Bohu et de sa rallonge revisitée Tohu Bonus. Des rêves plein les yeux, du mouvement plein les jambes, et une prestation grandiose nichée entre house intelligible et electronica trafiquée.

Blind Digital Citizen, ou la poésie du chaos

Quatre lettres rougeoyantes placardées sur le fronton de l’Olympia, et une première partie sanguine et glacée spécialement invitée par Erwan Castex (le patronyme civil de Rone) pour introduire les débats : portés par la solennité vocale de François Devulder et par la pop lo-fi véhiculée par un mélange d’acoustique et d’électronique (claviers, guitares, machines, batterie…), les Blind Digital Citizen, pépite ovniesque à la catégorisation musicale complexe, morcellent leur poésie du chaos et de l’orage dans un tonnerre de rock onirique et camé, ponctuant parfois leur prose expérimentale (« Enfant Flamme, « Shida ») par des larsens assourdissants et tortueux. Le bonheur trouve ici une place dans le désespoir.

Transcendant et transcendé, le show des cinq banlieusards parisiens convint autant qu’il envoûte, grésille des formes disparates sur quelques écrans juxtaposés sous les claviers, et annonce que « Le Meilleur est (a)venir » (« War ») dans une terminaison superbe de psychédélisme foutraque et prophétique à souhait.

Rone, dj faiseur de rêveries

Dans la catégorie électro française sans amphétamines, le meilleur de l’avenir paraît justement être incarné depuis trois années par l’electronica sous ascendance house de Rone, dj et producteur phare du label Infiné, venu défendre devant un public conquis d’avance les contours de son double album Tohu Bohu / Tohus Bonus, décliné à l’aide d’un show cinétique spécialement conçu pour l’occasion.

D’abord accompagné par le brillant violoncelliste Gaspard Claus, puis par un saxophoniste vitaminé, Erwan Castex se retrouve rapidement seul avec ses ordinateurs et son matos sur scène, mais donne en réalité l’impression d’être accompagné par une véritable galaxie sonore et visuelle, tant les images projetées sur l’écran géant qui domine la scène de l’Olympia illustre à merveille les balades électroniques et richissimes du prince le plus authentique de la scène numérique française.

https://soundcloud.com/franciscojaviernu/rone-beast

Invitation à un voyage fantastique et aérien (« Beast »), juxtapositions sonores libérées du béton goudronné (« Bye Bye Macadam »), divagations hip hop et hocheuses de têtes (« Let’s Go »), lancé de flocons tambourineurs et r(a)êveurs (« Parade »), et des ballons aux couleurs de l’arc-en-ciel qui se détachent de l’éther emmuré de l’Olympia afin de peinturer encore davantage les lieux : l’interaction entre un public extasié et le chef d’orchestre soliste est totale, et dessine de larges sourires sur le visage d’un artiste inusable et incapable le marquer le moindre temps mort dans la fusion live de sa discographie.

Des corps qui engagent des mouvements circulaires, cris de joie pour l’arrivée du tube « So So So »,  et folle folle folle ovation pour un set idéal et parfaitement abouti, ponctué après un rappel par la prose détachée de « Bora Vocal », la collaboration pleine de poésie du faiseur de rêves électro et de l’auteur Alain Damasio. « Pas de concession avec la vie », comme le récite l’auteur, et passage olympien parfaitement réussi pour l’envouteur machiniste. Fin de tournée à venir, nouvel album en préparation à prévoir, et tout plein de nouveaux rêves dans les yeux à envisager…

Visuel : © affiche de la soirée

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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