Electro
[Live report] Fritz Kalkbrenner au Trianon

[Live report] Fritz Kalkbrenner au Trianon

16 janvier 2015 | PAR Elie Petit

Les habitués du Trianon savent que son sol gondole. Mais ce soir, il gondole et il vibre surtout. Au son des beats balancés par Fritz. Fritz Kalkbrenner. Le frère de Paul. Le DJ berlinois.

Derrière : trois écrans géants et quatre télés sur lesquels sont projetées des formes, mi-agrumes, mi-enceintes, couleur soleil, des rosaces dont on ne comprend pas bien si elles sont des images de l’infiniment petit ou de l’infiniment grand. Devant : Fritz qui égaye le public parisien de son électro très berlinoise. « Facile » diront certains mais assurément efficace.

Le nounours athlétique se démène. Homme orchestre, homme DJ, il chante, sample, arpège, loope, filmé sous tous les angles dans une mise en scène inspirée des Boiler’s Room, reproduite par un V-Jing habile, passé sous une foultitude de filtres et effets instagramesques.

Il présente son troisième album Ways Over Water, sorti en octobre, qui a ceci d’unique qu’il utilise beaucoup de samples de riff de guitares et de trompettes ou cuivres en parade très Isaak Hayes, comme sur son fameux « Every Day ».

Fritz passe plus de deux heures aux platines, entrecoupées de petites pauses clope et bière. Sa spécialité à Fritz, c’est de mixer et chanter. Comme sur « Heart of the City », Un DJ qui chante ! Un DJ qui donne des concerts ! Ca peut paraître spécial. Mais ici personne ne  semble se poser de question et la sublime et anachronique salle du Trianon, à 21 heures, est aussi chaude que certains clubs au milieu de la nuit.

Après avoir déclamé un « Je suis Charlie ! » (sûrement, pour un temps, le nouveau « I love you Paris ! ») ce prêcheur des temps modernes, la voix à mi chemin entre Don Cavalli et Elton John, retravaille la Motown, fait du simili Daft Punk et ajoute par moments des bouts de flûte traversière, comme si Saint-Germain rencontrait Moby.

Il travaille ses suspensions, fait monter la sauce. Et une fois tous les ingrédients réunis, il mélange le tout et jette ça à la salle qui déguste, applaudit et l’encourage à faire se prolonger le plaisir. Lui, contemple sa création avec deux pas de recul, comme un cuisinier satisfait. Et repart au fourneau.

Et pour le dessert, il a prévu le tant attendu « Sky and Sand », enregistré avec son frère, Paul. Et le set est fini. Il dit au revoir. Mais le public est rebelle. Il en veut encore. Du Fritz. Alors Fritz revient, pour un moment. Et il est encore bien tôt à Paris lorsque finalement s’achève ce drôle de concert. Peut-être mixait-il à Berlin ensuite…

Visuel : (c) DR

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