Electro
[Live Report] Die Antwoord, débauche de basses électrisantes pour un show explosif

[Live Report] Die Antwoord, débauche de basses électrisantes pour un show explosif

30 janvier 2015 | PAR Marie Charlotte Mallard

Ce mercredi soir, le groupe de rap-rave sud-africain Die Antwoord était présent dans la capitale, réunissant au Zenith un public aussi fou et éclectique que ses influences musicales et culturelles. Jeunesse chic et trentenaires grunges ou punk, se sont rassemblés ce soir autour des basses forcenées et tapageuses du groupe. Les rythmiques galvanisantes associées à un suspense maîtrisé et poussé à son apogée, donneront lieu à un concert proprement électrisant, un exutoire salutaire dans un début d’année mouvementé.  

Pour introduire le trio tout droit venu du Cap, le groupe Bagarre qui de son mélange de rap US et de ces sons électroniques, alternant entre sonorités aériennes et furibonderie de mauvais garçon,  euphorise les premiers rangs de la fosse. Le temps d’un ravitaillement de bière et l’on retourne dans la salle pour Die Antwoord. Alors que les lumières s’éteignent, la foule hurle d’impatience.

Au loin l’on distingue en bruit de fond une étrange musique digne d’un film d’horreur, qui laisse ensuite place à un glas fracassant. Sur un concert de cloches percutantes et dissonantes, viennent s’ajouter quelques notes lyriques d’un chant grégorien énigmatique. Dans cette ambiance mystique, la foule trépigne et bouillonne de désir. Un moment de silence fait bondir l’assistance, jubilant de voir apparaître le trio dans la seconde, mais la chorale fantomatique reprend sur fond de tonnerre. Die Antwoord se joue de nous et s’amuse  avec nos nerfs, l’attente enivre le public qui n’en peut plus de voir l’excitation monter.

Alors que bourdonne le didgeridoo, éclate un rire sardonique. L’écran de fond de scène s’anime et se pare d’images trash-glauque caractéristiques de l’esthétique du groupe. Dès lors, vient une première libération. Le suspense est à  son comble, le public est aux aguets, scrutant le moindre petit signe de vie sur scène. A l’arrivée du groupe, c’est évidemment l’explosion hystérique du Zenith tout entier, pressé de pouvoir enfin bouger au son sauvage et féroce de Die Antwoord. Encapuchonnés dans leurs sweets extra large, ils galvanisent l’assistance qui se déhanche nonchalamment sur les beats lourds et le rap pesant de Fok Julee Niaaers.

Maîtres du suspense, le trio coupe net et reste statique assujettissant la salle hurlante en ménageant le silence, pour mieux susciter la folie. Le tribal et tellurique Fatti Boom Boom était ainsi le titre idéal pour faire éclater une nouvelle fois les auditeurs du Zenith. Autour de nous, une métaleuse percée et tatouée cabriole immodérément et passionnément à défaut de pouvoir pogoter rageusement. Dans la foule fiévreuse les têtes jaillissent et les corps sautent sur place, expiant avec hardiesse un trop plein de rage et d’énergie. La bestialité frénétique de la rythmique, associée au dynamisme délirant du groupe nous plonge dans une transe frénétique, incontrôlable mais salvatrice. Le Zenith s’enflamme littéralement, la foule est survoltée. Le plus pop, lascif et aérien Ugly Boy viendra calmer un peu les esprits, et les déhanchements sexys et suaves, remplaceront les mouvements débordants et désordonnés du précédent titre. Un casper au sexe turgescent et démesuré, gonflé au-devant de la scène vint néanmoins arracher quelques cris au public rêveur.

Yolandi prend ensuite possession de la scène pour le provocant Rich Bitch puis l’obscur Cookie Thumper avec sa rythmique stroboscopique à vous faire devenir épileptique. Les titres s’enchaînent et l’effervescence ne redescend à aucun moment, bien au contraire ! Le hargneux combo de choc,  –Baby’s on fire – I Fink U Freeky –  Happy Go Sucky Fucky – galvanisera encore un peu plus l’auditoire, et le transportera vers une extase jouissive. Une explosion grisante et brutale qui de ce fait donnera à la fin du concert le goût amer du « trop peu ». En effet, la fin est proche, à peine le temps de s’extirper de la fosse haletante et ruisselante pour remonter chercher un peu d’air que sont joués les derniers titres. Un seul rappel malheureusement, ce sera la balade planante Enter the ninja, qui fera vibrer une dernière fois le public avec Die Antwoord. La fin est brutale, l’auditoire hurle son contentement mais les lumières se rallument, et le public servile commence déjà à quitter la salle. Un concert intense qui de fait nous parut trop court, aussi l’on se regarde et l’on s’interroge : est-ce vraiment fini ?  Le Casper se dégonfle, pas de doute, il faut sortir.

Die Antwoord totalement connecté avec le Zenith a livré un show explosif. Véritablement monté sur ressort, ils ont enflammé le public parisien. De leur fougue satyrique et de leur frénésie revancharde, naissait un dévergondage bienfaiteur et libérateur pour l’ensemble du public. Au sortir du sauna qu’était devenu le Zenith, la rumeur de la foule encore sous choc et sous le coup de l’excitation est unanime: des sensations insensées, une soirée démente, une ambiance volcanique, voire pour certains « le concert du siècle! » …

Infos pratiques

Le Tourville
Théâtre 13 Seine
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

One thought on “[Live Report] Die Antwoord, débauche de basses électrisantes pour un show explosif”

Commentaire(s)

  • Matthias Turcaud

    Comme si on y était ! Merci !

    janvier 30, 2015 at 15 h 37 min

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