Electro
[Live report] Bernard Szajner, le papa de l’électro présente «Evolution»

[Live report] Bernard Szajner, le papa de l’électro présente «Evolution»

19 septembre 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le centre Pompidou lançait hier en partenariat avec le très pointu label Infiné la Paris Electronic Week. Sur scène, des instruments au nom de combattants japonais, Gregory Hoepffner et le maître Bernard Szajner.

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Son nom ne vous dit peut être rien, mais ce musicien est une référence en matière de musique électronique. Inventeur de la Harpe laser, son grand dada est de créer l’instrument pour le son qu’il désire. Hier soir, en date unique, il offrait à Beaubourg sa nouvelle création « Evolution », qui est en quelque sorte un conte allégorique sur la vie et ses démons.

Il a devant lui deux outils, qui, on l’apprendra plus tard portent le nom de deux démons japonais : Akateko est un « enfant caché dans un arbre dont on ne voit que la main qui est rouge », « L’autre Nikoshi yudo est un « homme très âgé, si on le regarde trop il meurt ». Impossible de ne pas voir ici un récit autobiographique. Lui, juif né en 1944 a commencé sa vie en étant enfant caché. Dans le conte qu’il lit il évoque des questions qui appellent la Shoah : « qu’est ce que c’est que la conscience ? », « Je risquerai de disparaître »

Quels sons produisent-ils ? Cela est impossible à définir, tant la proposition est déroutante et onirique. En homme machine, Gregory Hoepffner alias Almeeva opère de nappes en beat puissants à l’aide d’un ordinateur, d’un clavier, d’une guitare et d’un micro. Le son numérique, métallique est ici live. Bernard Szajner lui agit comme un sorcier qui n’hésite pas en guise de baguette à manipuler des tiges laser qui elles cassent l’air pour le faire vrombir. La scène se déroule dans la scénographie de Laurence Lenoir qui offre un art vidéo somptuaire allant du minimal au grandiose, nous entraînant dans les tréfonds d’une machinerie à gros écrous.

Il dit : « Ce sont des installations que j’ai fait de mes mains. Si je les ai fabriquées, c’est que je n’ai pas pu faire autrement ». Ces machines ressemblent à des jouets, l’une est longue, l’autre est fine et haute et comporte un instrument ressemblant à un likembe.

« J’étais un cancre, même un cancre peux faire des choses extravagante » dit-il aussi. Effectivement, Evolution est un inconu, un entre deux qui se situe entre le concert et le théâtre. C’est un spectacle qui se ressent plus qu’il ne s’écoute. C’est un récit intime qui ne dit son nom qu’à la fin.

Ce spectacle est aussi l’occasion d’annoncer la réédition de Visions of Dune, album enregistré en 1979.

Visuels : ©ABN et ©Olivier Pellerin

Le spectacle jouera le 22 novembre à Genève, dans le cadre du festival Présences électroniques.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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