Electro
L’interview stroboscopique : Giana Factory

L’interview stroboscopique : Giana Factory

27 août 2014 | PAR Bastien Stisi

Crépitements lumineux, rugissements scintillants, et coup de strobo sur le trio danois et intégralement féminin Giana Factory, tout juste de retour de Rock en Seine où elles ont pu exposer leur synthpop noire et lumineuse aux yeux d’un public parisien qui aura donc appris que la scène électro pop scandinave ne se contente pas de prendre les accents du phrasé suédois…

Vous avez travaillé à la production de votre second album Lemon Moon avec le fameux DJ et producteur Trentemøller. Cette démarche était-elle liée à la volonté de donner un son plus technoïde aux morceaux de cet album ?

Giana Factory : Grâce à Anders Trentemøller, on a trouvé le parfait équilibre entre musique électrique et organique. C’est ce que l’on cherchait. Il a une oreille formidable, et a véritablement compris ce que l’on voulait faire sur Lemon Moon. À ses côtés, on a essayé de créer un album où les chansons resteraient assez simples et suffisamment pures

Le clip-vidéo qui illustre votre morceau « Lemon Moon » met en scène une femme confrontée à une séance d’exorcisme particulièrement pénible. Y a-t-il ici, d’une certaine manière, une métaphore de votre musique, qui combine grâce féminine (par les voix) et sombres obsessions (par la synthpop froide) ?

Giana Factory : Nous adorons le contraste. Alors, lorsque la possibilité nous a été offerte d’associer notre musique à ces images de violent exorcisme, nous n’avons pas hésité longtemps avant de dire « oui ». Cette séance, c’est une sorte d’expérience vécue entre deux mondes différents, et nous avons trouvé une connexion entre le voyage intense de cette fille en train de se faire exorciser et notre morceau, qui est également une sorte de voyage vers un lieu inconnu.

Lorsque l’on écoute Giana Factory, on pense forcément à The Knife, à Little Dragon, et globalement à tous ces groupes suédois qui font de la pop avec l’aide des synthétiseurs groovys et glacés. Mais puisque vous venez du Danemark, pensez-vous que l’on puisse parler, par filiation, de « scène électro pop scandinave » ?

Giana Factory : On ne pense pas trop à l’étiquette que collent les gens sur notre musique, mais c’est vrai que l’on peut effectivement entendre une atmosphère sombre et lugubre dans le son de nombreux groupes scandinaves. Les hivers longs et froids que nous vivions ici ont sans doute une influence sur la manière qu’ont les groupes d’écrire leurs paroles et leur musique…On essaye cependant de mettre aussi de la lumière et de l’espoir à l’intérieur de la nôtre.

Si vous aviez la possibilité de jouer en première partie d’un groupe labélisé Facory (Joy Division, New Order, A Certain Radio, James, Happy Mondays…), lequel choisiriez-vous ? (bien sûr, on fait ici référence au nom de votre groupe…)

Giana Factory : Je crois que l’on préfèrerait faire équipe avec un membre de chacun de ces groupes. Et on se demande bien ce que ça pourrait donner d’ailleurs…

Vous étiez ce week-end à l’affiche de Rock en Seine. Êtes-vous satisfaites de votre performance ?

Giana Factory : C’était génial pour nous de jouer là-bas. C’est toujours un challenge de jouer au sein d’un festival, dans la mesure où tout le monde dans le public ne nous connaît pas. Le Soleil était là, beaucoup de gens ont assisté à notre live, et pas mal ont semblé y être sensible. Ils sont même nombreux à avoir chanté sur nos morceaux, ce qui fut une belle surprise ! Et puis, c’était vraiment bien de jouer dans le même festival que Portishead !

Je suis à la recherche de sons pour mettre dans mon iPod…quelque chose à me conseiller ?

Giana Factory : Tinariwen ! (ndlr : qui étaient justement à l’affiche de Rock en Seine ce week-end).

Giana Factory, Lemon Moon, 2014, Fake Diamond Records / Questions&Answers, 39 min.

Visuel : (c) pochette de Lemon Moon de Giana Factory

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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