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Le festival Hadra banni de Lans-en-Vercors

Le festival Hadra banni de Lans-en-Vercors

14 août 2014 | PAR Alexander Mora-Mir

Depuis sa création en 2004, le Hadra Trance Festival accueille plus de 30 000 festivaliers sur quatre jours. Il rassemble des artistes et spectateurs venus du monde entier. Pour sa huitième édition, il se tiendra une nouvelle fois à Lans-en-Vercors, du 21 au 24 août. Sur décision du nouveau maire de la station, le Festival ne sera pas reconduit en 2015, un désastre sur le plan culturel et économique.

Après avoir affronté les orages montagneux en 2012, et des soucis financiers en 2013, le directeur du Festival Hadra, Benoit Alirol a tout misé dans la dernière édition à Lans-en-Vercors. En effet, une nouvelle épreuve vient gêner ce festival de psy trance, unique en France : Jean-Paul Gouttenoire, maire de Lans-en-Vercors et premier soutien du festival doit céder sa place à un nouveau maire : un certain Michaël Kraemer. Il en avait fait une promesse de campagne et serait décrédibilisé s’il ne venait pas à bout du festival maintenant élu. Selon le Figaro, « le festival nous doit encore de l’argent des éditions précédentes ». La nouvelle municipalité accompagnera l’édition 2014 mais ne souhaite pas reconduire le festival en 2015. Le maire sortant de 69 ans, Jean-Paul Gouttenoire s’est insurgé affirmant que « c’est une erreur grossière. Le festival engageait près de 400 000 euros de retombées financières pour la commune et celles avoisinantes ».

Michael Kraemer justifie l’arrêt du festival, « parce que ça ne correspondait pas à l’image familiale de la station ». Il ajoute, « Et puis, il y a les nuisances sonores, les infra-sons qui gênent les animaux… ». Cela, pouvant aussi déranger les vacanciers : « Les touristes viennent pour profiter de la montagne, pas pour être gênés par un événement ponctuel ». De plus, sur les 2 500 habitants de la commune, 450 ont signé une pétition, demandant le départ de l’Hadra, associant le festival à la débauche : musique étourdissante, lumières étincelantes, des jeunes tatoués et « hyper-énergisés », la drogue qui circule, l’alcool qui coule à flot… globalement 3 jours qui semblent insoutenables pour quelques centaines d’habitants casaniers.

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Chaque année, c’est près de 22 000 festivaliers espérés par soir, 15% d’étrangers, et pas moins de 25 nationalités différentes. Simplement une excellente manière pour Lans-en-Vercors de s’ouvrir à l’extérieur et d’attirer de nouveaux venus dans cette belle et verte région montagneuse.

De plus, ce festival est générateur de commerce, il apporte près de 400 000 euros à la commune (tous les commerces sont impliqués au plus haut et voir leur chiffre d’affaires augmenter de manière significative, tout comme les lieux d’hébergements et transports aussi sollicités) en plus d’être éco-responsable, fervent défenseur d’un environnement propre. Il a notamment été récompensé du Greener Award chaque année depuis 2010. Le parti des Verts a lui d’ailleurs toujours soutenu le festival. Benoît Alirol explique : « C’est un festival qui prend toute sa place dans un milieu naturel et pas ailleurs ».

Voulant se différencier des autres festivals, Hadra a pour objectif de dénicher de nouveaux talents et ainsi offrir une programmation unique à ses fans : « on s’attache beaucoup à l’émergence de nouveaux talents, pour se différencier des autres festivals de psy-trance, pour intéresser un public connaisseur », explique Benoît Alirol.

Pour cette 8ème édition, le festival Hadra a pour but de « rendre quelque chose de grandiose avec de moins en moins de moyens », selon les propres mots du directeur de l’événement. Il ajoute : « Avec un budget réduit, on va réduire la scène, la rendre plus conviviale, proche du public, mettre le musicien en avant, au cœur de la scène, une sorte de retour aux sources ».

En quête d’un nouvel endroit où s’installer, on peut s’attendre à ce que cette dernière édition à Lans-en-Vercors soit encore plus festive et aimée de tous les fans, pour trois jours au cœur de la montagne.

© visuels : DR

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3 thoughts on “Le festival Hadra banni de Lans-en-Vercors”

Commentaire(s)

  • anne Adelli

    Habitants de Lans-en-Vercors depuis de nombreuses années, nous déplorons l’arrêt de ce merveilleux festival qui accueille dans notre village beaucoup de jeunesse pas agressive et respectueuse de l’environnement.
    Ce genre de manifestation ne peut s’organiser que dans un milieu naturel et grandiose pour lui donner toute sa majesté.
    Cette manifestation n’est pas plus dérangeante et polluante que le Trophée Andros, le ball-trap etc…
    Ce festival est une ouverture vers le monde extérieur et vers une jeunesse qui sera les futurs touristes du Vercors, en famille avec leurs enfants dans quelques années.
    La qualité première de ce Festival est son organisation irréprochable. Bravo à tous.

    août 24, 2014 at 15 h 13 min

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