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La Soirée Électronique du Point F

La Soirée Électronique du Point F

23 février 2020 | PAR Pierre Poughon

C’etait une nuit sous le signe de l’expérimentation, de la composition aux procédés techniques et technologiques. C’était un concert pas comme les autres, hier, au Point F.

Derrière YACHT se cache un acronyme, Young Americans Challenging High Technology. Le trio étasunien ne cache donc en aucun cas son attrait pour la création électronique, basée sur des IA, des logiciels et autres réseaux neuronaux. Si, si, c’est apparemment possible. Sans rentrer dans de complexes détails, l’on comprend assez rapidement le domaine d’expertise intriguant du groupe. Leur musique s’en ressent, basée sur des synthés, une voix féminine, et la plupart des classiques de la musique électronique. Au travers de leurs sept opus (les trois premiers ont été seulement composés par Jona Bechtolt, d’abord seul aux commandes du projets) et leur tonne d’EP et singles, leur discographie, dont le dernier LP en août 2019, est intéressante. Derrière cette pop aux accents techno, parfois mêlée à une basse funky et une drum simpliste, l’on imagine le trio rivaliser d’ingéniosité, s’accomodant des dernières sorties pour créer leur son si particulier. De prime abord, tout semble confus, mais dès qu’on se penche dans leur œuvre, il n’est pas rare de tomber sur des pépites d’un genre un peu nouveau.

Pour la première partie, on a eu le droit a un phénomène. Ancien informaticien reconverti dans la composition électronique particulière, Larry Gus (son nom de scène) est vraiment quelqu’un de particulier. Seul sur scène, t shirt noir et short, avec tout son matériel tenant sur une petite table carrée, il a laissé au début circonspect le Point Éphémère. Sa prestation et sa musique, pour le moins différentes, ont surpris. Son micro branché sur différentes pédales d’effets et un looper, lançant ses beats sur un multipad, il danse, sprint d’un bout à l’autre de la scène, voire même se frappe les cuisses ou le torse à l’envie. Dans une sorte de transe prenante, il débite ses tracks, chante haut comme bas, parfois à la limite du faux, toujours en grec (enfin on suppose). Ses compositions sont pour le moins spéciales et originales. Dans un son très électronique, sur une base de synthés, il est clairement sur une autre planète. Après un temps d’adaptation, le public se prête au jeu, sans pouvoir s’empêcher de rire parfois tant sa performance étonne. Cependant, ses tracks sont particulièrement bien composés et ficelés. C’est bizarre, mais étonnant et si intriguant.

Sur scène, la scéno de YACHT s’articule autour de deux postes, un pour la basse, un pour la guitare, avec chacun une table de mixage et autres pad à disposition, et, au centre, un simple micro. Le trio, composé d’une chanteuse et deux musiciens, s’avance. Et c’est le début d’un set pop électro voire techno pour certains tracks, tous sublimés par la voix de la leadeuse, parlant un français parfait. Que dire, leur son particulier fait rapidement mouche, et le Point F, plein, reçoit des vagues de bonheur et d’invitations à la danse. Pour habiller leur set, un projo projette des visuels psychés conçus pour chaque son, ou directement les clips des tracks. Pour encore plus de mystère, la chanteuse se mue en danseuse lorsqu’elle ne joue pas, rendant sa présence scénique presque envoûtante, en parfait harmonie avec ce que produit le trio. Ainsi, leur son, en live, prend une tournure un peu plus épique, plus poétique. Presque timidement, Jona, le membre originel, demande au public a la fin du set s’ils peuvent en jouer deux de plus. Au vu de la réaction créé, il rameute ses troupes, Claire et Rob, pour finir un concert assez barré, mais étonnamment réussi.

Crédit Photo : Cover de YACHT – Chain Tripping

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Pierre Poughon

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