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IRIS : un show électro interstellaire

IRIS : un show électro interstellaire

29 août 2019 | PAR Pierre-Lou Quillard

L’affiche laisse deviner un univers fantasmagorique de lumière et de néon à la 2001, Odyssée de l’espace. La référence est assumée. On s’attend à voir débarquer l’œil rouge d’HAL 9000, l’intelligence artificielle du Discovery One. Mais à la place, deux chevelus à leurs synthés font régner la justice sur scène. On est allé voir « IRIS », le Space Opera événement de Justice qui était projeté ce jeudi 29 août dans plusieurs salles de cinéma, simultanément. Une expérience immersive musicale sans précédents qu’on a adoré ! 

 

Xavier et Gaspard, les deux comparses emblématiques du groupe racontent d’abord leur projet dans une sorte de making-of préliminaire… Choix pas forcément très judicieux ! Les amateurs de spoils sont servis en images qu’ils s’apprêtent à découvrir ultérieurement. Les autres ferment les yeux et se bouchent les oreilles. On aurait aimé le voir après et pouvoir se laisser seulement porter par la force de l’expérience, sans médiation ni justification des choix en introduction.

Puis démarre IRIS : un film de plus d’une heure, captation d’un concert sans public. Projet plutôt fou qui va à priori à l’encontre de l’essence même d’un concert qui se fait avec un public et l’énergie qu’il dégage. Mais voilà, pour avoir des images qui s’accordent avec leur musique électronique spatiale planante, il faut faire le vide autour d’eux et laisser la lumière devenir l’actrice principale de leur concert. Les murs d’amplis Marshall se transforment en cellules lumineuses d’un rouge éclatant tandis qu’un attirail mécanique monstre de panneaux lumineux mobiles survole les deux musiciens qui se fondent dans l’ombre. Abstraction plastique, apothéose phonique multicolore, luminosités stroboscopiques au rythme des lignes de basse et de percussions. En un mot : hypnotique !

A l’origine de ce projet : la frustration face à l’échec de réussir une captation de leur concert qui soit à la hauteur des exigences des deux artistes. Comment rendre compte de leur show, comment le magnifier visuellement sans en perdre une miette ? La caméra plane lentement entre les rayons lumineux et leurs reflets sur la surface miroitante du sol laqué d’un noir profond. Ce vaisseau de lumière se meut au rythme des tubes interplanétaires, de Genesis à DVNO en passant par The Waters of Nazareth.

Pourtant, les deux musiciens l’assument et le revendiquent : ce film n’est pas fait pour danser. C’est plus une expérience sensorielle contemplative invitant à l’évasion, à la méditation, à s’oublier un instant dans la lumière de l’infini et les symphoniques analogiques. La meilleure façon de vivre l’expérience pour eux serait d’être allongé sous un dôme, comme dans un planétarium. 

Pas facile de revenir sur terre après ça ! 

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Pierre-Lou Quillard

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