Electro

[Interview] Superpoze : « envie de faire un album qu’on écoute du début à la fin »

[Interview] Superpoze : « envie de faire un album qu’on écoute du début à la fin »

31 octobre 2015 | PAR Bastien Stisi

Quelques heures avant son passage au festival Les Primeurs de Massy, et quelques semaines après la sortie d’un premier album (Opening) qui avait conforté son statut de très grand espoir hexagonal d’une electronica humectée dans des rêveries house tumultueuses, Gabriel Superpoze est revenu pour nous sur la parution et la gestation de ce premier album, et sur la mutation d’un live qu’il orchestra seul ce soir, et à plusieurs dans quelques semaines, lors de son passage aux Transmusicales de Rennes. 

Tu es programmé cette année au festival Les Primeurs de Massy, qui a pour particularité de ne programmer que des artistes ayant sorti leur 1er album au cours de l’année. Tu as justement mis un peu de temps avant de sortir ton premier album. Pour quelle raison ? 

Gabriel Superpoze : Mes EPs étaient des compilations de morceaux. Je composais une quinzaine de morceaux, je prenais mes 4 ou 5 préférés et j’en faisais un EP.

Je ne voulais pas faire ça sur un album. J’avais envie de faire un album qu’on écoute du début à la fin, qui forme un ensemble cohérent dans le travail du son, des mélodies, et de la narration.

Avec la consommation massive de la musique via les plateformes streaming et avec le format qui est celui des musiques électroniques, la question de la pertinence du LP (aux dépens du EP) se pose forcément dans un cas comme le tien. Sortir un album était-il tout de même est une obsession pour toi ?

G. S. : J’achète beaucoup d’EPs de techno et house, avec deux morceaux dessus. Face A, face B. J’adore ça, et cette musique a du sens comme ça. Mais il n’y aurait pas pu avoir un EP d’Opening. Ça n’aurait aucun sens de sortir ces morceaux sur plusieurs EPs. Ils prennent tout leur sens quand ils sont réunis. Je voulais faire un album parce que j’étais à un moment où j’écoutais des albums entiers. J’ai réalisé avec cet album que j’aimais vraiment faire ça. Je n’ai qu’une envie, c’est de commencer à enregistrer le suivant.

On t’a souvent mis au cours des derniers mois en relation avec Fakear et Thylacine, que tu connais depuis un moment (Fakeart surtout). Trouves-tu cette mise en relation judicieuse ? 

G. S. : Fakear et moi sommes amis depuis l’adolescence. Et même si aujourd’hui nos musiques sont éloignées, nous avons une histoire commune qui ressort forcément dans les médias qui s’intéressent à nos parcours. Notre association médiatique est générationnelle plus que stylistique.


Tu gères pour l’heure les lives seul sur scène. Envisages-tu, dans un futur plus ou moins proche, de t’entourer de musiciens ? 

G. S. : Je suis en train de le faire pour une création qu’on présentera aux TransMusicales de Rennes le jeudi 3 décembre.  C’est un projet avec Dream Koala et l’ensemble Code. Nous avons réarrangé des morceaux de mon album, des morceaux de Dream Koala, et créé un live commun.

Je pense également le faire sur une prochaine tournée, mais je reste très attaché au live électronique solitaire. J’aime profondément ça.

Est-il nécessaire de voyager physiquement parlant pour composer un album qui évoque à ce point le voyage ? 

G. S. : On associe très souvent cet album au voyage, à des paysages, à des images. C’est très courant dans la musique purement instrumentale. Ce que j’explique régulièrement à propos d’Opening, c’est que toutes les images et les références auxquelles il fait appel ne sont apparues qu’une fois les morceaux composés et enregistrés. Au moment où j’ai fait ces morceaux, je ne faisais que de la musique. Je n’essayais pas de peindre un paysage ou d’évoquer une destination. Je cherchais le « beau » avec des mélodies, des textures, et des suites harmoniques.

En effet, les mélodies les plus fortes de l’album sont venues naturellement après ma tournée en Asie. Je suis parti au Vietnam, au Cambodge, aux Philippines, au Japon et en Chine. Mais ce n’est qu’a posteriori que je l’analyse et le réalise.

On parlait tout à l’heure du concept particulier du Primeurs de Massy. Y a-t-il d’autres artistes programmés au sein du festival dont les 1er albums t’ont particulièrement marqué cette année ? 

G. S. : L’album de Flavien Berger, et particulièrement le morceau « Léviathan ».

Superpoze est en live ce soir à Paul B (Massy), dans le cadre du festival Les Primeurs de Massy.

Visuel : (c) DR

Infos pratiques

La Tossée, l’Union
L’Arlequin
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *