Electro
[Interview] Moderat : 3ème Round

[Interview] Moderat : 3ème Round

07 avril 2016 | PAR Antoine Couder

Sur le papier, c’est une rencontre assez géniale : celle d’Apparat (Sasha) et Modeselektor (Gernot et Szary).  « On s’est rencontrés à Berlin, dans un tout petit festival, raconte Gernot. On a vu Sasha jouer avec son ordinateur portable et une entrée Midi (mais alors un super contrôleur, un « woua » contrôleur). On a parlé, on est vite tombé amoureux. Moderat va alors réaliser deux superbes albums qui vont marquer l’époque : quelqu’un a parlé de « dark-step »  et c’est assez juste : une sorte de dub-step croisé avec de la techno allemande, le son que l’on entendait dans les années 90 pendant les afters.

Ce troisième album est coproduit par Mute Records et votre label Monkeytown. Qu’est-ce que vous y avez gagné ?

Une ouverture significative sur le marché US, des jours et des jours de travail dans un studio formidable et les moyens de mettre notre show en images. Du coup, on mise énormément sur la vidéo qui donne du sens à notre musique en live. Une sorte de voyage mélodique, beau et profond qui cherche à vous scotcher sur place.

Deux ans pour faire un disque … C’est normal ?

Pour nous, oui. On prend notre temps pour avoir un contenu qui nous plaît. Certains artistes vont prendre 2 semaines pour faire un album, pourquoi pas ? Parfois, un de nous débarque avec un « rough track » (en gros un brouillon) et puis les autres travaillent dessus jusqu’à que ça plaise à tout le monde. Il n’y a pas que l’enregistrement de l’album qui prend du temps, il y a aussi la tournée (celle-ci durera presque 2 ans).

Qui d’autre a participé à la conception du disque ?

On s’est vraiment enfermé dans le studio sans laisser entrer personne ! Au point que les gens de Mute ont fini par s’inquiéter. On a dû en laisser entrer quelques-uns de façon à leur montrer qu’ils ne dépensaient pas des milliers d’euros pour rien. Sinon, notre ami Siriusmo a écouté au fur et à mesure et nous a filé quelques impressions. Son avis nous est très précieux.

Pourquoi a-t-il autant de filles lors de vos performances ?

On vient de la techno qui est plutôt un truc de mecs… du coup, on est pas sûr qu’il y ait autant de filles que ça. On devrait faire lever la main aux filles pendant le show pour voir s’il y en a plus que les mecs (rire) !  Ou alors, c’est le côté mélodique des synthés et des voix qui donnent peut-être plus de sensibilité et donc attire plus les femmes…

(Recueillis par Antoine et Roman Couder)

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Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il prépare actuellement une biographie de Jacques Higelin (Castor Astral, 2020)

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