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[Interview] Franck Vigroux « la musique de « création » reste toujours confinée à des espaces et scènes spécialisées »

[Interview] Franck Vigroux « la musique de « création » reste toujours confinée à des espaces et scènes spécialisées »

17 septembre 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Pour sa première édition, Horizon Parallèle se consacre à l’artiste Franck Vigroux. Jusqu’au 10 novembre, le compositeur verra son oeuvre diffusée au grand public dans différents lieux culturels de Carcassonne. L’occasion pour nous de lui poser quelques questions sur la place de la musique électroacoustique dans le panorama musical actuel. 

Quels sont les projets que vous présentez à Horizon Parallèle ?

Tempest (que le public verra aussi le 9 octobre à la Philharmonie de Paris) est un duo avec l’artiste Antoine Schmitt, Croix une performance solo avec une vidéo générative toujours d’Antoine Schmitt, et deux performances avec des collaborateurs de longue date : Azusa Takeuchi une danseuse Japonaise avec laquelle j’ai créé deux spectacles, et Jean-Marc Bourg, comédien avec lequel nous proposons une version des Fleurs du mal de Baudelaire, un classique pour une fois…

Avez-vous la sensation que la démocratisation de la musique électronique permet plus de diffusion sur les scènes de spectacle ?

Il n’y a pas une musique électronique mais des musiques tout court et avec cela des amalgames et des approximations dans la désignation des courants musicaux, les instruments sont de plus en plus « électroniques » certes et les groupes de musiques les utilisent plus volontiers, mais la musique de « création » reste toujours confinée à des espaces et scènes spécialisées. La société du spectacle continue à imposer ses musiques calibrées, avec des sons électroniques ou pas, sur la masse avec la bouche ouverte.

franck vigroux-antoine schmitt : tempest from dautrescordes on Vimeo.

Racontez-moi comment vous travaillez : vous êtes, je trouve, un plasticien du son, quelles sont vos recherches actuelles ?

Je m’inscris dans une continuité déjà classique, celle de la musique électroacoustique du XXéme siècle, celle des formes musicales contemporaines, rien de neuf. En effet ce travail de sculpture du son en quelque sorte date déjà des années cinquante et s’est développé jusque dans des genres techno, acid etc… Disons que contrairement à une écriture classique où l’harmonie prédomine dans l’acte de l’écriture, dans ma pratique c’est la qualité du son et ce qui peut en être tirée qui constitue le premier acte d’écriture, ensuite c’est toujours la même chose depuis Guillaume de Machaut (NDLR : écrivain et compositeur français du xive siècle) : on juxtapose des sons, des accords, des rythmes et on finit par obtenir un morceau.

Visuel : Croix©Jérôme Bouchet

Du 6 Septembre au 10 Novembre prochain à la Galerie Chorégraphique située à Carcassonne.Le programme ici.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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