Musique

Derajah redonne des couleurs au reggae

27 décembre 2011 | PAR Jerome Gros

Le nouvel album de Derajah est sorti fin novembre dernier. Sur cet opus, le chanteur jamaïcain est accompagné de musiciens français, The Donkey Jaw Bone, pour nous offrir une merveille du reggae contemporain digne des plus grands albums roots des années 70.

 

Derajah naît en Jamaïque en 1981, et est baigné dans la musique dès sa plus tendre enfance : sa mère chante le gospel dans les églises. Animé par une double influence (gospel et reggae), Derajah commence à écrire des textes avec l’aide de son cousin, qui lui en enseigne la structure. Très vite, il travaille avec les plus grands comme Sugar Minott, Kiddus I ou encore le guitariste Earl Chinna Smith. Ces deux derniers l’intègrent au collectif Inna de Yard (projet lancé par Earl Chinna Smith de réenregistrer des chansons avec pour seuls instruments une guitare et les bruits naturels de la cour où ils s’éxécutent). Derajah connaît alors un grand succès avec les chansons « Well Ah Oh » et « Who Yeah Ya ».

 

Son album sorti en novembre 2011 s’intitule Paris is Burning. Le jamaïcain a décidé d’accentuer l’influence française de cet album, créé avec The Donkey Jaw Bone, un groupe de musiciens venant des Yvelines. L’album s’ouvre donc sur la voix de Derajah qui s’écrie dans un écho « Paris burning down… ». Parce que finalement, Paris l’illuminée possède elle aussi des côtés très sombres, comme la Jamaïque natale du chanteur. Il aborde d’ailleurs cette violence qui lui a fait perdre des êtres chers, entre autres sa sœur, assassinée devant lui (dans les chansons « My Sista », ou encore « Mario »). Selon les anciens d’Inna De Yard, Derajah est la relève du Roots Rock Reggae caractéristique des années 70, ce reggae qui a été dilué et qui a perdu de son authenticité depuis une trentaine d’années, mis à part certains artistes isolés. Il faut dire que le chanteur sait tout faire, modulant sa voix de chanson à chanson, de note à note. Le chanteur passe des graves aux aigus, du « toast » au « churchical chant ».

 

Derajah seul ferait quand même un carton. Alors accompagné des talentueux musiciens de The Donkey Jaw Bone, il excèle. Les musiciens ont su alimenter la voix de Derajah d’un son puissant et profond, proche des mélodies roots qu’on apprécie tant, frôlant parfois le dub pour imprégner l’esprit et le corps de l’auditeur d’une chaleur indescriptible. Les musiciens manient les cuivres à merveille comme l’illustre l’introduction de « Righteousness just aflow », ou encore « Run Run », en collaboration avec Big Youth. Sur cette dernière chanson, la flûte occupe un rôle prépondérant. La guitare électrique vient sublimer le refrain de « Did You Know ». Pour le bonheur des initiés, le nyahbinghi est aussi très présent tout au long de l’album.

Derajah sera en tournée en 2012 aux côtés des Donkey Jaw Bone pour présenter leur merveille, Paris is Burning, avec notamment un passage au New Morning le 5 avril prochain. Sorti sur le label Chapter Two, ancien Makasound (avec qui Derajah avait travaillé pou Inna De Yard), l’album est l’un des meilleurs albums du reggae contemporain, car peut-être l’un de ceux qui possèdent le plus l’authenticité d’un reggae oublié depuis trop longtemps.

 

Grève aujourd’hui à la Comédie Française
Ici-Bas de Jean-Pierre Denis, Guerre et Serments
Jerome Gros

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