Musique
Deezer restreint ses utilisateurs à 5 h de musique par mois

Deezer restreint ses utilisateurs à 5 h de musique par mois

08 juin 2011 | PAR Moriane Morellec

Après Spotify, c’est au tour de Deezer de limiter la durée d’écoute totale et gratuite de la musique sur le site. D’abord illimitée, l’écoute gratuite s’arrête désormais à cinq heures par mois, après quoi l’utilisateur se voit proposer un abonnement.

Deezer a cédé aux pressions des maisons de disques en devenant un service payant et en limitant l’écoute gratuite de musique à 5h par semaine. Ceux qui dépassent le temps imparti se voient proposer un abonnement et un accès illimité à leur base de données pour 5 à 10 euros par mois. Deezer avait d’abord commencé par entrecouper les chansons avec des publicités – solution acceptée par les internautes même si celle-ci était très frustrante – et il devient désormais un service payant.

Deezer a fait ce choix stratégique pour diriger et augmenter son nombre d’abonnés à l’offre payante du site comme l’explique, Axel Dauchez, le PDG de Deezer  : «C’est aussi, maintenant que l’on a prouvé notre capacité à recruter des abonnés payants en grand nombre, la mise en place de nouvelles conditions d’accès qui doivent nous permettre de faire évoluer notre modèle afin d’inciter nos utilisateurs réguliers à s’abonner […]. C’est pourquoi nous avons décidé, après en avoir longtemps discuté avec les maisons de disques, de limiter à cinq heures par mois l’écoute gratuite. »

L’Adami (société de gestion collective des droits de propriété intellectuelle des artistes-interprètes) a publié un communiqué dans lequel elle pose une question toute simple : « Pourquoi limiter l’écoute gratuite à 5 heures/mois comme vient de l’annoncer le champion français du streaming ? Imaginez qu’on limite l’écoute de la radio à quelques heures par mois. Les ventes de disques s’en trouveraient-elles dopées? »

Quelques alternatives

Que les amateurs de musique gratuite ne voient pas leurs futurs jours murés dans le silence, quelques jukebox numériques résistent aux bridages des maisons de disques.

Tout d’abord Grooveshark, service d’origine américaine abrite une colllection impressionnante de fichiers musicaux où ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui mettent en ligne leurs morceaux, à disposition de la communauté. Loin d’être illégal, le site a signé de nombreux accords avec des maisons de disques et supprime les fichiers que les ayants droit exigent de voir retirés.

Ensuite Musicme, moins connu que Deezer mais au catalogue néanmoins riche, permet d’écouter de nombreux titres sans avoir à payer. Seul souci : tous les titres ne sont pas disponibles en streaming et il faut parfois attendre avant de pouvoir écouter une chanson.

Jamendo, n’a aucune chance de passer à un modèle payant puisque le site ne propose en effet que de la musique libre, proposée sous licence Creative Commons . Impossible d’y trouver les morceaux mainstream mais le site propose un catalogue varié, touchant à tous les genres de musique.

Concurrent français de Deezer Jiwa , propose des centaines de milliers de titres sans limite d’écoute; cependant il ne permet pas de lire tous les  titres tout à fait à sa guise : il faut sélectionner les morceaux les uns après les autres ou se contenter d’une « radio intelligente ».

Ensuite Youtify, application témoin de la richesse du catalogue musical de YouTube et construit sur le modèle de l’interface de Spotify, utilise les contenus de YouTube pour chercher et lire les morceaux et créer des playlists. Deux soucis : quelques captations live sont de très mauvaises qualités et nombreuses sont les ayants droits qui refusent de partager leurs vidéos.

Finalement, il reste l’option Subsonic, logiciel libre, qui permet d’écouter la musique stockée sur son oridnateur personnel. Ce service lit MP3 et vidéos à distance sur un navigateur ou un smartphone et permet de partager ses chansons avec ses amis.

Free music is not dead (pour l’instant)!

Visuels: (c) Rue89.com, Deezer.fr

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Moriane Morellec

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