Musique

DÉCOUVERTE : Le Prince Miiaou, le phénomène indé émergent

28 septembre 2009 | PAR Mikaël Faujour

Le rock bidouilleur et fiévreux du Prince Miiaou est une des sensations de la fin de l’année. La musicienne astucieuse qui se cache sous ce nom devrait devenir le phénomène indé à suivre.

Le Prince Miiaou a tout pour réussir. Un drôle de nom tout d’abord, estrange et détoutant, en façon de masque pour la multi-instrumentiste (elle joue de tout, sauf du violon et de la batterie) et bidouilleuse Maud-Élisa Mandeau. Ensuite, l’attitude simple et avenante d’une anti-star, d’une girl next door qui prend le temps de répondre longuement et poliment aux e-mails ou aux fans sur sa page Facebook. (Et qui taquine le journaliste distrait qui ne relève pas qu’elle a déjà enregistré un albomme… alors que c’est écrit en grand sur son MySpace.) Le sens de l’initiative : après un concert de Troy Von Balthazar (ex-Chokebore), elle entre en contact avec lui… s’en fait un ami… et finit par co-écrire avec lui « A Beast Beside You Died ». Et surtout, surtout, cette musique patiemment ficelée dans un esprit résolument do it yourself dans les paisibles contre-allées de l’indé.

Safety First n’est donc pas le premier albomme de la demoiselle, puisqu’elle avait déjà enregistré et édité Nécessité microscopique (2007). Mais nous prenons le train en marche, comme beaucoup le feront dans les semaines et mois à venir, pour découvrir une artiste attachante.

Safety First a quelque chose de typique du rock de la décennie 2000, où l’électricité s’est beaucoup acoquiné avec les machines. Et on sent d’ailleurs les influences d’expérimentateurs comme Animal Collective, voire Radiohead (ces réminiscences d’« Airbag » dans « Could You Please Die ? ») ou Mogwai (« No Compassion Available », « Blabla »). Mais le Prince Miiaou est avant tout une artiste dans la lignée de rockeuses à fleur de peau comme PJ Harvey ou Cat Power.

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Tout cela est ingénieux, surprenant, parfois bizarrement drôle. De boîte à rythmes asymétriques en dissonances de violon ou de guitare, en passant par des loops improbables (le sample entêtant « Je te jetterai des cailloux » qui rythme « Hawaiian Tree »), le Prince Miiaou développe un rock où la sophistication et le bidouillage ne cèdent rien à l’énergie et à une nervosité assez directe… sans être dénué cependant d’un humour vraiment singulier.

Largement dominé par les textes en anglais, Safety First contient quelques morceaux en français, parlés. Comme l’étonnant « No Compassion Available », qui évoque un exercice de relaxation qui tournerait à la crise d’angoisse. Ou le cathartique final « Blabla », alternant les accalmies et les transports tempétueux, l’un des tout meilleurs morceaux de l’albomme. L’art et la manière de finir sur une note marquante.

Le Prince Miiaou ira loin. Ne manquez pas son passage à la Maroquinerie (3 octobre), où elle ouvrira pour les Anglais d’Oi Va Voi.

Le Prince Miiaou, Safety First, 2009.

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Mikaël Faujour

4 thoughts on “DÉCOUVERTE : Le Prince Miiaou, le phénomène indé émergent”

Commentaire(s)

  • paul

    Complétement PAS d’accord avec ec qui vient d’être écrit. La voix est horrible, elle ne dégage rien du tout et elle se sent obligé de crier.
    passez votre route, y’a VRAIMENT mieux ailleurs

    novembre 8, 2009 at 14 h 50 min

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