Classique

Un Roméo et Juliette de Berlioz vibrant par l’Orchestre National de Lyon à la Philharmonie

Un Roméo et Juliette de Berlioz vibrant par l’Orchestre National de Lyon à la Philharmonie

13 mars 2019 | PAR Yaël Hirsch

En cette année Berlioz majestueusement célébrée, la Philharmonie accueillait ce mardi 12 mars l’Orchestre National de Lyon, son chef Alain Altinoglu, la mezzo-soprano Nora Gubisch, le ténor Yann Beuron, le baryton Peter Rose et le chœur Spirito pour une version vibrante du Roméo et Juliette de Berlioz, donnée à Lyon en février.

Créé en quelques mois par Berlioz très marqué par Shakespeare, son Roméo et Juliette (1839) est une œuvre aussi composite que majestueuse et dont la forme surprend. Élégant, dansant et terriblement vivant, Alain Altinoglu a mené son orchestre comme un corps organique et vivant qui nous a promenés pendant près de deux heures sans entracte dans la plus grande tragédie amoureuse moderne.

Après un prologue en forme de fugue, alors que le cœur s’est perché au dessus de l’orchestre pour un lamento puissant, nous sommes très vite plongés dans les fameuses stances de Juliette. Morceau de bravoure que Nora Gubisch escalade comme une montagne, solidement accompagnée dans cette performance d’une dizaine de montés ultra dense. S’ensuivent plus de quarante minutes purement symphoniques où l’on retrouve le Berlioz de la fantastique composée 9 ans auparavant.

A peine ornée de chœurs, une musique sans paroles foudroyante revisite le bal, le balcon (« Nuit sereine » grisante et qui fait penser à Beethoven) et l’amour avec un souffle génialement romantique. Entièrement happés, on voit à peine arriver la mort de Juliette et son cortège funèbre de déchirants violoncelles et plus on avance plus la structure nous emmène et nous perd avec parfois des moments où les flûtes répondent aux cordes d’une manière minimaliste et qui pourrait être d’aujourd’hui.

En final, le serment de Yann Beuron  « Jurez donc par l’auguste symbole », fait culminer une interprétation aussi vive que nuancée.

La salle absolument comble de la Philharmonie applaudit grandement un concert dense et puissant qui a mis Berlioz, son romantisme et son importance, en avant. 

Visuel: Marco Borggreve

Le Grand Débat de la Culture
Curiosa : Les amours clichés de Pierre Louys et Marie de Heredia sur grand écran
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *