Classique
Un apéro-concert baroque festif avec l’Orchestre de Cannes

Un apéro-concert baroque festif avec l’Orchestre de Cannes

21 mai 2022 | PAR Yaël Hirsch

Jeudi 19 mai, l’Orchestre de Cannes faisait salle quasi-comble (200 personnes!) en plein Festival de Cinéma. Le deuxième apéro-concert de l’orchestre dirigé par Benjamin Lévy proposait une heure de Vivaldi, CPE Bach et Wanhal avec la piccolo solo de l’Orchestre, Anaïs Normant. Un verre accompagnait ce concert devant la salle des Arlucs de mieux en mieux équipée …

Un verre aux Arlucs 

Toute La Culture a certainement vécu jeudi soir l’un des plus beaux et généreux « offs » du Festival de Cannes. L’Orchestre, récemment reconnu orchestre national en région et qui joue souvent en salle Debussy, aménage de plus en plus sa salle des Arlucs un peu en dehors de la ville, dans un quartier de la Bocca en pleine effervescence.

Vers 18h, le winetruck Le Raisin de vivre s’installe face à l’entrée des Arlucs avec trois choix de vins naturels, deux ou trois plats faits maison et éventuellement une bière. C’est frais, c’est délicieux et le billet du concert y donne accès. En avant-goût ou juste après; afin de commenter ce qu’on a entendu et prolonger le plaisir du concert.

A 10 heures précises, nous entrons dans la salle qui compte environ 260 places très confortables, donnant un sentiment d’intimité avec l’orchestre. L’acoustique qui doit encore être améliorée cet été est déjà de très bonne tenue. Et surtout le public est habillé, élégant, concentré et au rendez-vous.

C’est la musique qui a le premier mot. C’est la première fois qu’Anaïs Normant, deuxième flûte et piccolo solo de l’orchestre se produit en soliste et c’est très émouvant et enthousiasmant pour tout l »orchestre. Elle commence par un concerto de Vivaldi. Elle en donnera trois, avec une technique et une endurance qui forcent le respect. Une fois la complicité avec les violons trouvée, la puissance et la virtuosité du jeu ne fait que progresser avec un plaisir palpable et qui se transmet. Notamment dans le concerto n°3 en ré majeur intitulé « Il Cardellino », l’on entend l’oiseau pépier, surtout que l’autre flûtiste lui donne la réplique depuis le côté de la salle dans le premier mouvement, et que l’harmonie avec l’alto est très puissante. Le deuxième mouvement de ce concerto se fait sans le chef, avec simplement la guitare et le violoncelle. Un format chambriste donc qui renforce un sentiment enivrant d »intimité avec les musiciens.

Benjamin Lévy explique les oeuvres

Aux trois concertos s’ajoutent deux petites symphonies (aucune pièce n’atteint les 15 minutes), que Benjamin Lévy présente avec sa verve et son énergie merveilleuses. Il nous explique le talent et la folie du fils le plus doué parmi l’engeance nombreuse de Bach avant de lancer l’orchestre dans la très belle symphonie n°1 en ré majeur, oeuvre la plus solennelle de ce soir. Et il nous explique aussi comment l’Orchestre a rééxhumé le compositeur tchèque contemporain de Mozart Johann Baptist Wanhal, avant de le lancer avec puissance dans la Symphonie en sol mineur que nous sommes ravis de découvrir. Quand il dirige, Benjamin Lévy danse, comme si chaque partie de son corps entrait en résonance avec les musiciens de l’orchestre; c’est superbe à voir, encore plus à entendre et l’on imagine les heures de travail en amont du concert.

Lorsque les dernières notes du piccolo on résonné et qu’un immense bouquet de fleurs a été donné à Anaïs Normant, il y a un moment d’hésitation au milieu des applaudissements plein de joie : bis ou verre ? Le verre l’emporte mais c’est pour mieux tenir la promesse du concert d’une heure et parler de musique dans la douceur d’une soirée quasiment estivale.

Le prochain apéro-concert est le 2 juin avec un programme Kilar, Weiner et Kurt Weill et il reste quelques places…
Pour en savoir plus sur les apéro-concerts et les formats courts de l’Orchestre de Cannes, lisez notre interview du directeur général de l’orchestre Jean-Marie Blanchard. 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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