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[Live report] Riccardo Chailly et l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig en escale à Pleyel : Johannes Brahms furioso

[Live report] Riccardo Chailly et l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig en escale à Pleyel : Johannes Brahms furioso

31 octobre 2013 | PAR La Rédaction

Deux ans après l’intégrale des symphonies de Beethoven, donnée à Pleyel et parue chez Decca, Riccardo Chailly et l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig sont de retour à Paris pour une intégrale des symphonies et concertos de Brahms.

Les intégrales sont à la mode. Ces dernières années, elles deviennent même un passage obligé des grandes salles de concert, des orchestres à envergure internationale, et de leurs chefs, titulaires ou invités. Quelques ingrédients savamment agencés et le tour est joué : un compositeur dont le catalogue ne compte pas plus de 10 symphonies, un chef starisé et un orchestre rodé, pour ne pas dire blasé. L’ennui, c’est qu’on a tôt fait de tourner en rond. Brahms par exemple. Vous vous en doutez, ce n’est pas la première fois que le compositeur à barbe a droit à sa première intégrale parisienne : couplé avec Szymanowski, ce sont Valery Gergiev et le London Symphony Orchestra qui lui consacraient deux week-end en octobre 2012, salle Pleyel. Le même Gergiev donnait l’ensemble des symphonies de Mahler, toujours à Pleyel, mais en 2010, avec l’Orchestre du Théâtre Mariinsky… Mahler dont s’emparait Daniele Gatti en 2009, pour une intégrale avec l’Orchestre national de France étalée sur deux saisons du Théâtre du Châtelet. Le maestro italien s’attaque aujourd’hui à Tchaïkovski, cette fois au Théâtre des Champs Elysées… après avoir proposé l’an dernier son intégrale des symphonies de Beethoven… que l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig et Riccardo Chailly jouaient encore la saison précédente. Ouf, la boucle est bouclée ! Tout ça pour dire : faute de proposition originale, l’essoufflement et la répétition guettent.

C’est sans compter la fougue de Chailly, sa direction alerte et nerveuse, la puissance de feu de son orchestre. Les choix de tempo heurtent les brahmsiens amoureux de langueurs contemplatives, mais pour quel résultat ! Samedi 26 octobre, le cycle commence avec le Double concerto pour violon et violoncelle et la Symphonie n°1. On passera sur le concerto et la déception de voir Léonidas Kavakos remplacé par un Julian Rachlin pas tout à fait à la hauteur. A sa décharge, c’est à la dernière minute que s’est produit le changement, on imagine qu’il a connu condition plus idéale pour entrer en scène. Reste l’ébouriffante prestation du Gewandhaus et de son chef. A une volée de pizzicati électrisants succède une page en quasi apesanteur, les timbales passent en quelques mesures de la majesté à l’inquiétude. Le troisième mouvement glisse d’une atmosphère tendrement champêtre à une bohème sauvagement rythmée, pour aboutir à la marche beethovénienne du dernier mouvement (Brahms y rend hommage à la neuvième et dernière symphonie de son maître).  Chailly joue avec une intelligence dramatique saisissante du temps, qu’il étire et accélère à son gré. La succession rapide des différents caractères servie par un orchestre tendu à fleur d’archet fait pencher Brahms du côté du théâtre. On entend presque Mozart et ses ouvertures d’opéra où se concentrent en quelques minutes les personnages et péripéties à venir. Pressenti pour succéder à Daniel Barenboim à la tête de la Scala de Milan à partir de 2017, Chailly injecte à un Brahms souvent lourdement et pompeusement joué l’énergie d’un théâtre vivant. Rendez-vous les 1er et 2 novembre prochains pour les derniers actes !

Par Victorine de Oliveira

Retrouvez le Gewandhausorchester Leipzig et  Riccardo Chailly vendredi 1er et samedi 2 novembre à Pleyel. Plus d’informations : Salle Pleyel

Visuel: Riccardo Chailly (c) Mat Hennek-Decca

Infos pratiques

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