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Midsummer Festival d’Hardelot, plaisir de la musique baroque dans un cadre unique

Midsummer Festival d’Hardelot, plaisir de la musique baroque dans un cadre unique

29 juin 2019 | PAR Victoria Okada

La 10e édition de Midsummer Festival au Château d’Hardelot, dans le Pas-de-Calais, bat son plein jusqu’à samedi 29 juin. L’essentiel des concerts se passe dans le magnifique Théâtre Elisabéthain, primé en 2017 au titre de « meilleure construction en bois dans le monde », par le World architecture News. Le théâtre circulaire de 400 places bénéficiant d’une excellente acoustique est naturellement propice aux œuvres de la musique baroque. La programmation audacieuse de Sébastien Mahieuxe contribue de manière significative à la revitalisation de la région.

Chateau Hardelot 2019 © Frederique Triquet

Lucile Richardot s’amuse dans un programme humoristique anglais

À l’entrée de la Chapelle, lieu du concert intitulé « Music & cup of tea ; un thé avec Lucile », les auditeurs sont accueillis par un thé et des gâteaux. L’ambiance est immédiatement conviviale, à l’image de Lucile Richardot, la mezzo-soprano, très demandée dans le répertoire baroque et d’une personnalité franche et chaleureuse. Elle présente, avec l’Ensemble Tictactus (Marie-Suzanne de Loye à la viole de gambe, Stéphanie Petibon au luth et Olivier Labé à l’archiluth), un programme de chansons anglaises. L’humour est dans les paroles, dans la musique, mais aussi dans le choix des morceaux. Ainsi, elle commence par une chanson espagnole écrite par un compositeur français, Yo soy la locura d’Henry Le Bailly. La chanteuse et les musiciens jouent également des curiosités, des pièces évoquant Bedlam, ou Bethlem Royal Hospital, hôpital pour malades mentaux à Londres fondé en 1400. notamment pour Tis Woman makes us love de John Blow, les trois musiciens rejoignent la mezzo-soprano pour chanter à quatre voix. Dans From silent shades and the Elysian Groves « Bess of Bedlam », Lucille Richardot semble véritablement prendre plaisir avec le changement d’humeur de Bess, pensionnaire de l’hôpital. En effet, la chanson, assez courte, a autant de changement de rythme, de ton, et de tempo qui s’exprime avec merveille à travers la voix singulière et la chanteuse. Sa voix très particulière sur laquelle les commentaires ne tarissent pas (mezzo ? alto ? Contralto ?), et l’humour naturel qu’elle possède, ce concert est un véritable délassement, quelques brèves explications qu’elle dispense pour son auditoire. Après le concert, les mélomanes ont pu s’échanger avec les musiciens, ce fut une excellente occasion de se familiariser avec le répertoire mais aussi de mieux connaître les musiciens.

Le soir, The King’s Consort donne au Théâtre Elisabéthain « The Musical Night’s Dream », programme conçu spécialement pour ce théâtre. Constitué de songs de Henry Purcell et de ses contemporains, tels que Matthiew Locke, Thomas Morley, Robert Johnson, Richard Edwards…, et de songs et musiques instrumentales extraites de The Faily Queen, le programme est plein de charme. Mais la belle voix de la soprano Lorna Anderson souffrait quelque peu, et la question de l’équilibre entre les instruments laissait à désirer, ce qui a hélas diminué le teneur de la soirée.

photo ©Pascal Brunet 

Chateau Hardelot 2019 © Frederique Triquet

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